Luvia - Monica Monasterio & Horacio Lovecchio

Pluie - 2002/2003
Informations chez Mónica à Madrid :
mlmont@teleline.es

Ce doit être une grande satisfaction, pour un compositeur-arrangeur de musique collaborant avec une chanteuse qu’il connaît bien, d’innover sur des poèmes contemporains jamais mis en musique jusqu’ici.

Car sa liberté de compositeur s’en trouve démultipliée, qui n’a pas à s’inspirer, à s’accommoder d’une mélodie préexistante. Il peut d’autant mieux s’adapter aux caractéristiques vocales de son interprète habituelle !

C’est précisément le cas de cette plaisante réalisation. Rarement mélodie et accompagnement sont si mêlés, si harmonieux, si unis. De plus, les conditions d’enregistrement sont bonnes, l’équilibre voix/instruments est irréprochable. C’est le troisième disque de ces deux artistes toujours en progression. Nous avons déjà écrit le bien que nous pensions d’eux et le présent disque nous conforte dans cette opinion !

La seconde plage, Nuves sur un poème de Matilda Koen-Sarano est emblématique de cette réussite, où Monica rend bien la dimension dramatique, sur une mélodie imaginative. La chute est superbe, avec des sauts d’octave.

La komida de la manyana, classique, est ici renouvelée par un accompagnement moderne, “jazzy”, collant toujours au texte : Horacio y montre son talent !

Komo puedo est peut-être la chanson la plus émouvante du disque, de nouveau sur un poème de Matilda offrant toute liberté à la connivence entre poète, compositeur et interprète. Horacio reprend en écho chanté les deux derniers vers. C’est très beau !

Dans Lekha Dodi sont combinées certaines réminescences instrumentales de la liturgie judéo-espagnole librement interprétées par Horacio sur un poème de Margalit Matitiahu, récité par elle-même.1 Quelle bonne idée !


La neuvième plage Hija mia te kero dar… est traditionnelle et classique. La superbe voix de Mónica est ici très en valeur, l’interprétation mélodique originale créée par Horacio prenant quelques libertés bienvenues avec la mélodie connue.

La onzième Kuando te topí, sur un poème d’amour signé de Beatriz Mazliah est l’une de nos préférées. Horacio y chante aussi.

La suivante Suenyo a ojos aviertos bénéficie de la belle liberté d’écriture de Matilda et le passage des graves aux aigus de la voix de Mónica est surprenant, de grande classe.

Bel aggiornamento de notre toujours vivante culture musicale !

Jean Carasso

Comments