Editorial


      L’essentiel de ce numéro porte sur deux études auxquelles nous consacrons à un même sujet plus de place que d’habitude.

La première est un travail minutieux, détaillé, sur la communauté juive de Larissa qui nous offre l’opportunité de pénétrer dans la vie quotidienne des habitants, de les voir vivre presque heure par heure. Il est évident que l’auteur du livre, lui même originaire de la ville, a passé des années sur ce travail exemplaire. C’est en quelque sorte une monographie mais qui déborde des frontières de cette petite ville qui en devient alors emblématique.

La seconde est un travail de synthèse, reprenant par bien des points des études plus parcellaires que nous avions publiées au fil des années, - et qui sont rappelées à mesure - sur l’attitude des pouvoirs publics espagnols (et incidemment portugais) quant à la protection des Sépharades en France et ailleurs en Europe, durant la Choah. Le point d’ancrage de cette politique est le fameux décret espagnol de 1924 que nous n’avions pas encore eu l’occasion d’examiner de plus près dans sa genèse et dans ses conséquences. C’est ce décret qui a constitué le point d’appui sur lequel se sont arc-boutés dans des moments très durs quelques consuls d’Espagne courageux, en France comme en Hongrie et ailleurs. Étaient encore moins connus que le décret lui-même certains prolongements ultérieurs assez inattendus…


Des commentaires sur divers livres parus nous ramènent à l’Espagne, tant il est vrai que ce pays, cruel pourtant, a marqué notre culture indélébilement. Et par un glissement naturel, vers le Portugal et le Maghreb.

Nous avons reçu, et commentons, plusieurs monographies plus ou moins romancées et avons décidé de les passer toutes dans la rubrique “Itinéraires exemplaires” car chacune comporte des épisodes que bien d’entre nous aurions pu vivre et relater selon la définition même de la rubrique!

La gastronomie n’est pas oubliée, essentielle à notre culture, tout comme les kantigas.


L’analyse de bons disques récemment reçus nous a conduits à présenter, dans une période où vient de se dérouler à Paris, avec un succès dont nous nous réjouissons, le premier festival de musiques judéo-espagnoles, un essai de classement systématique de ces musiques.

La dernière page, Kozas i otras de Sefarad nous offre des perspectives estivales à Paris, avec la quatrième fête de Djoha le 20 juin, 
toujours dans le splendide Théâtre de l’Epée de Bois à la Cartoucherie de Vincennes, à Carpentras en Provence du 1er au 3 juillet… et à New York pour ceux qui auront l’occasion de s’y promener.

La Rédaction

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