Muestra lingua : Espertando el djudeo espanyol Poemas Realidas i philosophia, Kantes, Sketches, Piesas de teatro

En judéo-espagnol, 1996 chez l’auteur c/o Yossi Benbenisty 6 rehov Tzamarot Herzliya. Israël 316 pages. 23$, port inclus


Sara Benveniste Benrey


L’auteur, née en 1920 à Izmir, nous expose dans sa préface le sens de sa démarche.


Elle émigra avec mari et enfants en Israël en 1939. Depuis, ayant beaucoup lu, étudié et écrit dans diverses publications, elle a jugé utile de  réunir dans un seul livre les travaux de toute une vie, poursuit ses recherches, et prépare un nouvel ouvrage dont elle nous annonce la parution.

Les poèmes de la première partie sont très divers, chantent les thèmes éternels mais aussi célèbrent l’actualité. Chacun d’eux illustre un proverbe repris après le texte.

Salvador Santa Puche, dans son Antolojia présentée ci-contre, en a retenu plusieurs.

Deux pages plus loin nous offrons nous-mêmes

Ansi el Dio kriyo a la mujer,




plein d’humour et de gaité.

La section des poèmes est suivie d’une série de sketches.

Voyez par exemple dans El ijo por kazar comment sont accueillies les diverses tentatives du fils pour présenter une “fiancée “ éventuelle à sa mère, et la chute jouant sur l’ambiguïté en judéo-espagnol du terme etcharse : se coucher, mais aussi se jeter (ici, par la fenêtre).

Aussi bien, Roza la horoza qui va - présumablement croit-elle - devenir célèbre, et offre une première interview à une radio locale, hachée de conseils de cuisine à son époux maintenant promu fée du logis ! La bande-son recueillie par le journaliste ne manque pas de… sel.

Viennent quelques piécettes de théâtre, souvent des vaudevilles bien troussés, comme El sigundo kazamiento ou Todo bueno kon marido viejo. On dirait un
Labiche pudique, et c’est un compliment !


Lisez la longue lamentation du chômeur Alfredo (un haragan… disent les bien-pensants mauvaises langues) qui échoue piteusement dans tout ce qu’il entreprend et se voit licencier séance tenante dès que par hasard il trouve un travail, dans El gigoletto. Mais les choses s’arrangent bien dans la comédie de Sara qui montre beaucoup de talent pour organiser des rencontres… fortuites et retourner des situations quelque peu compromises, dans le conformisme ambiant.

Sara Benveniste-Benrey injecte avec beaucoup de métier son expérience de la vie dans ses pièces et non seulement les personnages en profitent, mais l’auteur en fait non sans humour bénéficier ses contemporains.

Elle a d’ailleurs traduit elle-même en français cette dernière pièce à 9 personnages “Le gigolo”.

Qui entreprendra de la mettre en scène ? A vous de jouer, enseignants de la lingua muestra dans le monde !

JC
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