Musique : Sephardic Songs

1993 Arta Records à Prague, sans adresse.

D’où vient le léger malaise qu’on éprouve à l’écoute de ce disque qui nous vient d’un lieu imprévu : Prague,1 et rempli de qualités par ailleurs ?
A l’analyse, les points forts sont nombreux et remarquables :

Ecoutons les quatre premières plages par exemple. Il apparaît déjà que la voix est de soprano légère, un peu haut placée pour ce répertoire, d’une grande pureté, et que l’accompagnement est de qualité, bien équilibré. L’enregistrement de la berceuse n° 2 A la nana a la buba est réalisé dans une chambre d’écho, la voix porte, encore mieux mise en valeur dans la plage suivante : Aire de mujer. Adio Querida, la plage n° 4 est un test : comme elle est chantée par pratiquement toutes les interprètes, les points de comparaison ne manquent pas ! Celle ci est une bonne interprétation, la voix est très juste, l’accompagnement équilibré, de qualité, la viole de gambe entre autres est très agréable et bien venue.
À notre grande surprise, la prononciation de la langue judéo-espagnole par une femme non native, en pays non latin, est très convenable !  

Plus loin El rey que muncho madruga et Partos trocados nous étaient complètement inconnues, qui racontent chacune une petite histoire complète et plutôt dramatique.

Paxaro d’hermozura (n° 15) nous a plu, un classique très court dans un environnement musical entraînant laissant large place à l’accompagnement.

 La n° 21 Esta montaña d’enfrente est une des meilleures, l’accord est parfait entre la voix et la viole de gambe.
Dans la n° 10 : Ven querida, histoire triste, l’interprétation est formellement belle, mais on n’a pas l’impression que l’interprète entre dans la peau du personnage, un homme d’ailleurs.


Que manque-t-il alors à cet enregistrement pour constituer un modèle, une vraie réussite ? Simplement de nous émouvoir.

Jana Lewitowa est une bonne chanteuse classique, pas du tout folklorique, restant à l’extérieur de ses personnages, comme si elle nous interprétait un chant de la Renaissance, une mélodie de Fauré ou de Chausson, et paradoxalement une perfection formelle souvent atteinte dessert la spontanéité, la crédibilité même de l’interprétation. Dommage !

Le livret cite les textes en trois langues2 : l’original judéo-espagnol, le tchèque et l’anglais, mais n’indique malheureusement pas les noms des accompagnateurs pour chaque morceau, ni la durée des plages.

Jean Carasso
Voyage sur les sites juifs d’Italie du nord 

pour quelques lecteurs de la Lettre Sépharade

Tout comme nous avons exploré nombre d’intéressants sites juifs en Espagne du Nord à l’automne 1997, au Portugal en 1998, 
nous proposons aux lecteurs qui seraient intéressés un voyage semblable en Italie du Nord. 

En effet, l’Italie est un pays qui s’étend sur plus de 1600km de Trieste à la Sicile, et il n’est pas réaliste de parcourir 
“les sites juifs d’Italie” en six ou huit jours. Nous avons décidé, après avoir pris conseil, de scinder cette exploration en deux, 
voire trois segments.

Le premier nous mènera de Trieste / Gorizia / Venise au nord-est, à Pise / Livourne au sud-ouest de la région délimitée.

Le second pourrait comprendre Rome, Naples, Sicile - voir l’article pages 12-13 dans ce même numéro - et ultérieurement
il serait bon d’envisager Piémont-Savoie-Ligurie.

Chacun sait l’importance de Trieste, carrefour des cultures germanique et latine durant des siècles, lieu de naissance de nombre de romanciers juifs italiens, et il n’est guère utile d’insister sur le rayonnement de Pise-Livourne dans tout le monde sépharade, 
et au delà, juif méditerranéen ! (voir l’article de Lionel Lévy à ce sujet en pages 4-5).
Ferrare, Bologne, ont aussi été des sites mémorables et restent fort intéressants.
Ce voyage, pour lequel nous nous sommes assurés de l’accompagnement d’une spécialiste incontestée des traces juives en Italie, architecturales comme culturelles, Annie Sacerdoti - laquelle a publié de superbes petits guides sur ces itinéraires - pourrait avoir lieu dans les premiers jours d’octobre et durer environ une bonne semaine.

Faites seulement connaître pour l’instant votre désir de participation, sans aucun engagement ferme de part ni d’autre car 
un tel voyage suppose un nombre de participants.

Le départ en avion s’effectuerait de Paris ou Genève directement vers Venise, et le retour depuis l’aéroport de Pise.

La Rédaction


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