Itinéraires exemplaires : Souvenirs de jeunesse d’un juif salonicien Disparition d’une grande communauté - Vital Eliakim


C’est un témoignage émouvant que nous offre Vital, bientôt âgé de 70 ans, sur son parcours tant marqué par la Choah, à laquelle il échappa pourtant lui-même.

Il s’agit d’un document privé, que Vital a bien voulu nous offrir, destiné à l’information de ses petits enfants qui ont beaucoup insisté pour qu’il le rédige.

Et nous revoici à Salonique... Vital y raconte sa jeunesse, facile, heureuse, dans un milieu aisé, souvent cultivé, y décrit la vie quotidienne. A l’école communale, il était l’un des rares juifs et eut à souffrir du petit anti-judaïsme chrétien ambiant (“Toi qui es pourtant si gentil...pourquoi avez-vous tué notre Christ, notre petit Jésus ?”  lui demandait-on), bien qu’il entretint en général de bonnes relations avec ses camarades. Il poursuivit ses études au lycée français.


Et la guerre puis l’occupation allemande vinrent bouleverser tout cela et les catastrophes se succédèrent.

Si de nombreux membres de sa famille furent pris dans le piège de Salonique et y laissèrent leur vie, sa mère y perdant d’ailleurs d’abord la raison, Vital réussit à fuir vers la Grèce du sud et le maquis. Il vécut lui aussi l’odyssée décrite dans la LS 20 par Alice Benmayor, la fille du Grand Rabbin d’Athènes Eliahou Barzilaï.

Et le 26 juillet 1947 enfin, baccalauréat en poche, il débarque en France et entreprend des études de médecine, épouse Madeleine, une camarade d’externat et forme maintenant avec ses trois enfants et leur descendance une belle famille unie de médecins.

Vital agrémente son petit livre d’une quantité de photos de membres de sa famille (son père et sa mère étaient superbes...) et démontre tout au long de son récit son caractère équilibré, sa nature heureuse, plutôt optimiste en somme...

Jean Carasso

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