Quelques noms sépharades du vieux cimetière juif de Philadelphie - Samuel Armistead

Dans l’article sur Philadelphie publié dans notre numéro précédent, page 16, sous la signature de Samuel Armistead, nous signalions notre volonté de publier prochainement les noms de Sépharades relevés sur les pierres tombales du vieux cimetière de Philadelphie. Voici l’article promis par Sam et traduit par la Rédaction.

Cest dans les années 1730 que les premiers colons juifs commencèrent d’ arriver à Philadelphie. Le terrain pour le vieux cimetière à l’angle des rues 9ème et Spruce fut acheté en 1740 puis étendu en 1752, 1765 et 1791. La Congrégation sépharade Mikveh Israël fut formellement fondée en 1782. Les inhumations dans ce cimetière ancien cessèrent dès 1848 lorsqu’un nouveau terrain fut acquis à l’angle des rues  11ème et Fédérale.

Quelques inhumations exceptionnelles eurent encore lieu dans l’ancien cimetière, comme celles de Daniel Lobo, Hattie Pessoa, du rabbin Elmaleh et de David Elmaleh, qui moururent durant la Seconde Guerre Mondiale.

Le 17 Juillet 1995 je me suis rendu à la synagogue Mikveh Israël puis fus en mesure de passer un bon moment au vieux cimetière pour noter quelques noms directement d’après les tombes. Mais nombre d’inscriptions étant effacées, pratiquement illisibles, j’ai dû recouper mes observations personnelles par celles figurant sur l’indispensable monographie du rabbin L.H. Elmaleh et J. Bunford Samuel.

De ces observations, il découle clairement que la communauté juive primitive était majoritairement d’origine portugaise.

On peut alors essayer d’imaginer les divers chemins empruntés par les Sépharades arrivés dans la ville.


L’un peut être Recife et Pernanbouc en passant éventuellement par des séjours intermédiaire aux Antilles ou bien à New-Amsterdam (New-York) après que les Portugais1 eurent reconquis le Nord-Ouest du Brésil en 1654. D’autres reposant dans ce vieux cimetière ont été spécifiquement identifiés comme venus de la Jamaïque, comme c’est le cas pour Rachel Rodrigues da Costa et Jacob Bazan. D’autres ont pu venir plus directement d’Amsterdam et Londres à New-York puis de là éventuellement à Philadelphie. Dans le cas de la plupart de ces migrations, ces futurs habitants de Philadelphie ont pu séjourner un temps dans des communautés coloniales telles que Newport, Charleston ou Savannah. Pourtant le fait que Benjamin Nones soit identifié comme venant de Bordeaux - comme de nombreux autres émigrants vers les Antilles françaises - montre que d’autres voies et d’autres aventures individuelles dans cette vaste diaspora sépharade ont pu contribuer à la formation de cette communauté de Philadelphie.

 Samuel Armistead


(Dans la liste ci-dessous, la date entre parenthèses après le nom est celle du décès.)

Daniel Gomez (1780); Mathew Gomez (1781); Abigail de Leon (20/11/1803); Rachel Rodrigues da Costa (15/1/1805); Rachel de Leon (11/4/1806); Jacob Rodriguez Pereyra (28/11/1806); Rabbi Isaac Pesoa (1/12/1809); Rebecah R. Pereyra (5/12/1809); Jacob Bazan (14/9/1810); Rabbi Emanuel Nunes Carvalho (1817 ?); Samuel Bensaken (6/2/1822); Benjamin Nones (10/2/1826); Anna Nones (28/8/1832); Rachel Peixotto (17/2/1833); B.C. Solis, fille de Daniel (15/2/1836); Joseph Rodriguez Pereyra (1844); Daniel Lobo (23/8/1849); Hattie Pessoa (1886); J. David Aflalo Elmaleh (2/2/1943);  Rabbi Leon Haïm Elmaleh (25/4/1972).

 

RÉFÉRENCES :

Martin A. Cohen and Abraham J. Peck : Sephardim in the Americas : Studies in Culture and History, Tuscaloosa, University of Alabama Press, 1993.

David and Tamar de Sola Pool : An Old Faith in the New World, New-York, Columbia University Press, 1955.

Rev. Léon Haïm Elmaleh and J. Bunford Samuel (repris et augmenté par Léon H. Elmaleh en Mai 1962) : The Jewish Cemetery, Ninth and Spruce Streets, Philadelphia, Philadelphie, Mikveh Israël, 1962.
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