La Grande guerre et la guerre gréco-turque, vues paar les instituteurs de l'Alliance israélite universelle d'Izmir - Henri Nahum

The Isis Press Istanbul, 2003
isis@tnn.net
www.theisispress.com
125 pages   
ISBN 975 48 257 9

Henri Nahum, Professeur de Médecine et historien des Juifs d’Izmir1 sa ville natale, nous apporte une nouvelle moisson d’informations très précieuses recueillies dans le trésor des archives de l’Alliance Israélite Universelle. Il s’agit d’une période très critique pour les judéo-espagnols en Anatolie occidentale entre 1914 et 1923.

L’auteur puise, dans les célèbres rapports rédigés par les instituteurs et directeurs des écoles de Smyrne , Magnésie, Melasse, Tyreh Casaba et Aydine.2

Après l’attentat de Sarajevo la guerre éclate et les communautés juives de ces villes sont plongées dans le désarroi économique le plus grand car les jeunes gens  juifs partent à la guerre et toutes les activités commerciales sont paralysées . Lorsque les troupes grecques débarquent en 1919, à la misère succède les violences, les pillages et une nouvelle autorité assez peu favorable aux juifs sous la pression des communautés grecques autochtones. Le seul recours c’est souvent la protection du Consul de France au nom de la langue française. Ce Consul visite les écoles, écoute les petites filles qui récitent les poésies françaises et agitent le drapeau tricolore. À cela il faut ajouter la lutte de Mustafa Kemal contre le pouvoir ottoman, ce qui favorise les  exactions des bandes armées incontrôlées. En 1921 au traité de Sèvres la région passe sous contrôle grec qui cherche à  s’assurer les bonnes grâces de la communauté juive en prévision d’une consultation populaire. En 1923 au traité de Lausanne c’est la Turquie de Mustafa Kemal qui reprend le pouvoir dans la région. On peut aisément imaginer la vie de ces petites communautés soumises au va et vient de l’histoire : tout arrive, viols, pillages, synagogues brûlées, épidémies de scarlatine, accusation de crime rituel pour Pessah, cimetière détruit pour laisser la place à une Université. Mais les écoles de l’Alliance tiennent bon. Contre vents et marées les directeurs continuent d’envoyer leurs rapports à Paris, de demander de l’aide morale et matérielle, d’ouvrir les écoles aux réfugiés et de les aider. On referme le livre plein d’admirations pour ces enseignants qui affrontent avec courage, clairvoyance et ténacité le tout venant de l’histoire, pour  ces élèves  qui apprennent l’hébreu, le français, le turc et le grec, langues qui leur seront plus tard  très utiles. Quelle belle leçon de courage nous offre Henri Nahum.

Charles Leselbaum


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