Musique Mira ! Janet & Jak Esim Ensemble

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Tous les musiciens sont nommés dans le livret, avec les instruments qu’ils utilisent.


C’est avec pertinence et honnêteté que les auteurs ont titré “…Ensemble”, car dès la première écoute il apparaît que Janet et Jack sont les animateurs d’un groupe changeant, fluctuant, plutôt que des interprètes accompagnés de tels ou tels musiciens comme il est d’usage.

Jack explique dans la présentation que leur volonté a été d’inviter de nouveaux musiciens à se joindre au groupe pour ce disque, y insufflant un sang neuf. Des enregistrements précédents ont été réalisés en salles de concert à travers le monde, où le groupe s’est produit.

Le livret, en turc, en espagnol et en anglais, rappelle quelques caractéristiques de la musique juive au cours des temps, sacrée ou profane, sous influence - à Istanbul où vit le groupe - de musique turque. Il souligne l’apport des derviches à cette musique et celui des grands hazanes du XXe siècle.

La seconde Te Loare est chantée en hébreu. La troisième, Kuatro muchachikas reflet prégnant de civilisation, rappelle le souci insurmontable de la dot, pour les pères qui avaient plusieurs filles à marier.1

La quatrième Mira (regarde) - qui offre son titre au disque - n’est pas gaie non plus : l’amoureux vit de façon si précaire qu’il voudrait installer son lit au bas de la maison de son aimée…

Dans la cinquième Ay senyora novia, la voix de femme est curieusement à contre-emploi à l’attaque puisqu’il s’agit d’un récit d’homme.

La sixième, valse rapide Alta alta es la luna reprend (ou est-ce le contraire ?) partiellement les paroles de la si nostalgique Una notche al lunar si bien chantée par Judy Frankel et d’autres depuis.

La huitième, chanson triste, discrètement accompagnée, est intitulée Me siento alegre, ce qui ne ressort guère d’une interprétation féminine à contre-emploi ici aussi, s’agissant du chant d’un amoureux désespéré, pas gai du tout!
Le dixième Viejos amores est composé sur un poème contemporain de Lina Kohen Albukrek.

Le dernier Te tomi, répétant quatre fois chaque vers, est heureusement endiablé.

Le répertoire est original, nombre de chansons nouvelles à l’oreille, ce qui est méritoire et bienvenu !

Jean Carasso

1 Sous entendu, mais cela va sans dire tant c’est banal : “avec une dot” NDLR

Mon père n’est qu’un employé
bien chargé de famille.
S’il dote ma sœur
comment nourrir les autres ?
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