Sueños de España 500 Años de libros en ladino

En espagnol. 2000 Ayuntamiento de Ávila. 157 pages.

Il ne s’agit pas ici, à proprement parler, d’un livre mais, catalogue d’une exposition itinérante (présentement en Espagne), il est si bien réalisé, si luxueux, si complet, si joliment illustré, qu’il devrait rendre jaloux bien des éditeurs de livres…

A l’origine, la création en Israël de l’Autorité Nationale pour le Ladino, (décision de la Knesset en mars 1996, mise en route officielle en novembre 1997).

Bientôt après, les initiatives de Moshe Shaul, Avner Pérez, (Institut de Maale Adumim) de réunir de vieux livres rédigés en judéo-espagnol et en caractères rachi, qui se perdront inéluctablement si on ne les recueille pas maintenant de la main des propriétaires souvent âgés, lorsque les générations plus jeunes ne sauront plus lire cette langue.

Une première exposition en Israël recueillit un grand succès et la collection fut demandée en Espagne, par diverses villes du RED1 parmi lesquelles elle circule maintenant.



    Le superbe catalogue que nous avons en mains est celui édité à Ávila où l’exposition se tint jusqu’à la mi-octobre.
Il comprend donc une première partie consacrée aux souvenirs juifs d’Ávila, une seconde décrivant l’exposition proprement dite, puis des annexes passionnantes. La préface concernant les juifs d’Ávila, par Serafín de Tapia, est remarquable de précision sereine et d’analyse fine. La principale communauté juive de Castille comprenait un millier d’âmes qui, dans leur immense majorité, quittèrent la ville pour le Portugal le premier jour d’août 1492. Quelques familles revinrent, acceptant le baptème.

Le catalogue proprement dit est superbement illustré, et explique chaque pièce. La présentation en est faite en espagnol alors que, sur place, les tableaux, légendes et autres éclaircissements sont affichés en judéo-espagnol, ce qui doit être à la fois insolite et intéressant pour les visiteurs locaux…


    Cette partie “catalogue” est suivie d’un exposé de Moshe Shaul sur la langue, d’un autre de Moisés Orfali (de l’Université Bar-Ilan) sur la diaspora sépharade et ses caractéristiques linguistiques et littéraires.

En appendice figurent des textes peu connus : l’arrêté d’expulsion de 1492,2 mais surtout des textes législatifs espagnols concernant les Sépharades balkaniques.

Le premier est le “Décret royal du 20 décembre 1924 sur l’attribution de la nationalité espagnole aux protégés d’origine espagnole” dit “décret Primo de Rivera”, et les circulaires d’application. Un décret dans le même esprit daté d’avril 1931, et surtout un autre, signé du général Franco de décembre 1948, avec la liste nominative des bénéficiaires, originaires d’Égypte et de Grèce, puis un de 1958.

Nous aurons à y revenir.

Jean Carasso

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