Revues


El Sol de Atenas1,  revue mensuelle, a vu le jour à l’automne de 1996 et nous annonce qu’elle est la seule revue espagnole publiée en Grèce.

Tout à fait logiquement elle a consacré une large place aux Sépharades et au judéo-espagnol dans ses éditions de janvier  (Especial Salonica et En torno al judeo-espaniol - il s’agit de la reproduction d’un intéressant article de Jos. Nehama publié le 23 novembre 1961 dans le journal sépharade de Tel-Aviv : el Tiempo) et de mars 1997 (El judeoespañol ¿lengua viva o muerta?) - Les autres sujets traités sont d’ordre politique -“la Grèce et l’Union Européenne” puis “La Macédoine”- muséographique, historique, et ne négligent pas la vie quotidienne : où bien manger à Salonique (le tout nouveau “Cordon bleu”2 en étage rue Tsimiski par exemple etc

Nos lecteurs savent que Sefardica 3 est une très bonne revue balayant tout l’horizon sépharade de l’Amérique du Sud.(Voir la LS 14)

L’édition de septembre 1996 qui vient de nous parvenir est entièrement consacrée à la Presencia sefardí en America latina contemporánea, constituant pour partie les actes partiels d’un colloque tenu en novembre 1993 à Philadelphie.

Dans son éditorial, l’éditeur explique que la migration des juifs d’Espagne et du Portugal dans les siècles précédents commence à être bien étudiée, contrairement à celle de la fin du XIXème siècle et du début du XXème.

Dans un bon article, le principal du numéro, Juan Bautista Vilar, de l’Université de Murcie, expose que les juifs du nord du Maroc par exemple, qui avaient accueilli favorablement l’occupation espagnole en 1860 pâtirent du départ de ceux-ci deux ans après et commencèrent à migrer en masse, d’abord au Brésil, ultérieurement en Argentine et ailleurs, bien que le mouvement ait commencé dix ou douze ans avant. A Tétouan seulement vivaient environ 7000 juifs en 1860 dont nombre quittèrent.


Victor A. Mirelman détaille une par une la formation de véritables communautés après l’indépendance des pays du continent : Curaçao, les Caraïbes, Costa-Rica, le Pérou, Belem, etc. et l’arrivée de juifs du Maroc.

Plus loin, Margalit Bejarano étudie l’émigration des juifs de l’Empire ottoman à mesure que surviennent les indépendances et que monte le nationalisme afférent (Bulgarie en 1870, Serbie en 1879 et Roumanie en 1885). Mais souvent la première étape fut l’Egypte, en croissance économique à l’époque, avant tel ou tel pays d’Amérique, souvent Cuba. Le pic se situe autour de 1920.

 Des Etats-Unis nous vient l’annonce d’une naissance : une nouvelle revue bi-mestrielle qui paraîtra dès l’été 1997 : IVRI - people without boundaries-The magazine of Sephardic and Middle Eastern Culture 4. Elle couvrira tout le champ de la culture... Bonne chance !

 Toujours des U.S.A. l’annonce d’une Society for crypto-judaïc studies 5 publiant une revue trimestrielle Ha Lapid 6 consacrée à l’étude et à l’aide au mouvement de retour au judaïsme qui se manifeste présentement dans le pays chez des crypto-juifs d’origine hispanique.

Cette Société a été fondée par deux sœurs catholiques espagnoles qui, découvrant leur lointaine ascendance juive ont désiré retourner au judaïsme. Les membres de cette Société sont redevenus juifs, ou crypto-juifs ne désirant pas franchir le pas du retour, ou résolument catholiques désirant le rester tout en approfondissant la connaissance de leurs racines juives. La Société se donne comme objectif d’aider, intellectuellement et affectivement ses membres à réfléchir sereinement hors de la pression de l’Eglise catholique, à faire connaissance d’ institutions et de familles juives et à mieux se connaître entre eux quelle que soit leur décision.

 Un bon numéro de janvier-février d’El Vocero7 que nous vous avons déjà fait connaître, organe de la Comunidad Sefaradi del Chile, traitant en particulier du rôle de la femme dans le judaïsme à l’aube du XXIème siècle, sous la signature de la jeune rabbin Analía Bortz, et un historique de la presse sépharade - coup de chapeau à l’ancêtre, la Gazette d’Amsterdam de David de Castro Tartas et son premier numéro le 7 janvier 1675 - depuis La Buena Esperanza à Smyrne de  1871 à 1896, puis ses vingt-trois confrères ultérieurs dans la même ville, ses quarante-cinq à Istanbul, dont le principal fut El Tiempo de I. Gabai puis David Fresco, et sa centaine à Salonique.

L’auteur de l’article : Jorge Zuñiga Rodríguez - Directeur des Etudes Sépharades au Chili - rappelle qu’une importante exposition fut consacrée à cette presse judéo-espagnole à Santiago en novembre 1996.

 Escudo 8, revue trimestrielle du Venezuela animée entre autres par le Centro de Estudios Sefardíes, ne nous était pas connue... et pourtant elle vient de fêter son numéro 100. Dans le n° 101 que nous avons sous les yeux est retracé l’historique de la publication fondée en 1970. Notons un intéressant article sur la bibliophilie sépharade, liée à l’histoire des imprimeurs juifs, et un travail original sur “Silences et fantasmes des Juifs de Grèce” qui ne manque pas d’intérêt.

 Generações/Brasil 9, la revue des généalogistes juifs du Brésil consacre une bonne partie de son édition de novembre 96/avril 97 à la lignée des Abravanel dont un descendant fut récemment candidat à la présidence de la République sous le nom de Silvio Santos. Nous en avions entretenu nos lecteurs dans la LS 13. De nouveaux éléments d’information apparaissent sur cette grande lignée.

Jean Carasso

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