L’échelle de Jacob - Elie Carasso

Cette lecture est à rapprocher de “Quand l’innocence avait un sens”, de Lidya Kastoryano, et de la lettre d’Anne-Marie Rychner-Faraggi, (LS6). Ouvrage disponible chez l’auteur : Elie Carasso, 13150 Tarascon.

Exemplaire est l’histoire de sa famille racontée par Elie Carasso dans «L’échelle de Jacob », préfacée par Haïm Vidal Sephiha. 

Les «quadra» que nous sommes, (Elie l’auteur, moi-même et d’autres) frustrés de notre mémoire salonicienne, soit par la disparition de nos aînés, soit par leur désir forcené d’assimilation trouverons là un exemple parfait de ce que put être la «saga» d’une famille de Salonique de 1835 à nos jours. Certains de ses membres courageux et imaginatifs, d’autres plus enfermés dans la tradition, vécurent un quotidien fait de drames imprévus et d’inimitiés familiales, mais aussi de jours meilleurs et de grandes joies, un destin d’immigrants, où les caractères de chacun se reflétèrent dans leur nouvelle vie.


 Puis la Shoah laissa les rescapés ( ici le père d’Elie ) à jamais marqués dans leur chair et leur âme. Ils tentèrent de survivre, mais le malheur les avait rattrapés. 

Le dernier tiers du livre, plus ancré dans un passé récent - donc plus éloigné du propos salonicien - nous rappelle que nous, les baby boomers, descendants de cette génération sacrifiée, meurtrie, payons tous - de manière ou d’autre - notre tribut. Le «solde à régler» s’achèvera, espérons-le, avec la génération de nos enfants. 

Ce livre qui se lit comme un roman me laisse un parfum de nostalgie et me donne à penser qu’il est vain de chercher à vivre aujourd’hui ce qui appartient au passé. 

Bien sûr, «qui n’a pas de mémoire n’a pas de futur» (Elie Wiesel) mais une fois cette mémoire authentifiée et acquise, la dynamique est ailleurs. C’est elle qui lança Isaac, Allegra, Daisy...et les autres vers des rivages inconnus. 

Aline Carasso

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