A la lumbre del día notas y reflexiones sobre la lengua y la literatura de los sefardies - Gonzalo Santoja

En Espagnol. 2000.
À la lumière du jour.
Notes et réflexions sur la langue et la littérature des Sépharades.
Ayuntamiento de Ávila.
54 pages de petit format.

En complément à la belle exposition 500 años de libros en Ladino présentée à Ávila et dont nous avons offert le compte rendu dans la LS 36 en page 4, la municipalité de cette ville a édité un petit volume fort bien présenté de Gonzalo Santonja, professeur de littérature espagnole de l’Université Complutense de Madrid.

Cinquante pages de bonheur pour le lecteur avisé qui dans un format presque de poche trouvera matière à réflexion sur la langue de los muestros et sa littérature. Trois articles concis mais denses retracent la vie des communautés espagnoles et leur expulsion mais cette diaspora détient un trésor : sa langue :  la lengua, esa realidad de sueños y silabas que forja conciencias y acuna personalidades, gracias a la cual los seres humanos se reconocen.


Santoja formule au passage quelques fines remarques sur les conditions de survie du castillan dans tel ou tel pays d’accueil, survie d’autant plus difficile que la langue parlée localement (italien, provençal…) était plus proche dudit castillan et que l’assimilation des locuteurs était plus facile. C’est tout naturellement dans l’Empire ottoman et aux Pays-Bas que la langue s’est le mieux maintenue, pour des raisons inverses!

Puis l’auteur présente un panorama complet de la littérature séfardite - mentionnant la Bible de Ferrare au passage - depuis la Certeza del camino d’Abraham Pereira de 1666 jusqu’aux poètes saloniciens du XIXe siècle, Abraham Toledo et Jacob Abraham Yona, en insistant sur les formes traditionnelles de la copla et du romancero.



Etudiant un romance par exemple, l’auteur nous en offre une version léonnaise, une version ségovienne et une sépharade! Quelle méticulosité de méthode!

Au XXe siècle de nombreux auteurs se sont posé la question de savoir si le judéo-espagnol était une cause perdue. Pour Gonzalo Santonja comme pour nos lecteurs la cause est bien entendue… Il conclut ainsi.

 En cualquier caso ahi está la historia de su prodigio: por qué un judío descendiente de italianos o de polacos o de argentinos al cabo de un par de generaciones se reclamó italiano, polaco o argentino mientras quienes procedian del tronco hispano insistieron e insisten en proclamarse sefardies a traves de los siglos y por encima de los desastres.

Une bibliographie à jour complète ce beau petit livre.

 Charles Leselbaum

Comments