Musique : Ladino lives ! (1)



Elias Ladino ensemble

La réputation de cette formation américaine était venue jusqu’à nous… mais jamais sous forme d’un disque, car l’ensemble Elias Ladino lui, ne nous connaissait pas… 2

Nous sommes heureux de les découvrir car ils ont bien des atouts en main :
une connaissance vécue, native (?) de la lingua muestra, et par conséquent une bonne prononciation, liée à une diction forte et claire.

Un bon équilibre entre la voix, qui dispose de son propre micro et l’accompagnement, celui-ci restant en deça, juste pour mettre en valeur celle-là. 

D’ailleurs ces accompagnateurs sont bien rodés à jouer ensemble : clarinette, oud, kanoun, dunbeg, bouzouki et guitare - et fréquemment ils semblent se distraire d’abondance !

On nous prévient que cet enregistrement n’a pas été effectué en studio mais en salle de concert, même si l’on a “gommé” les applaudissements après chaque interprétation, et qu’il peut comporter quelques imperfections. Nous observons en effet une gravure un peu sèche, manquant d’écho.


Nous avons remarqué particulièrement la plage n°3 la komida de la manyana, bien rendue, avec conviction. Mais c’est à cause de cela justement que l’on est un peu gêné par l’interprétation masculine forte, alors que l’on attend une petite jeune fille… La n°4 avrime Galanika est chantée avec l’humour et la nuance nécessaires. 


Danny Elias réussit ici à la clarinette une attaque rendue par d’autres au saxo. Il en est de même à l’ouverture du classique n° 13 a la una nasi yo, dont l’interprétation chantée par contre,
 et le texte même choisi parmi les nombreuses versions que l’on trouve ici ou là, nous semblent moins convaincants (si l’on veut conserver la rime de la version la plus classique, il faut a la una yo nasi, a las dos m’engrandesi etc…)

La n° 6 Avram Avino (kuando el rey Nimrod… etc), grande classique chantée par tous les interprètes et généralement reprise en chœur par la salle, est ici forte, par le bouzouki et l’affirmation du chanteur.

Dans la n°9 la sirena (si la mar era de leche…etc) la force de conviction l’emporte parfois sur la justesse du ton, mais c’est de peu d’importance et plutôt favorable…

À la n° 16 Skalerika de oro, l’avant dernière enregistrée, l’ensemble “met le paquet”, un vrai final de comédie musicale.

On comprend le succès obtenu par ce groupe en Amérique, malheureusement peu connu en Europe.

Jean Carasso
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