Ruta de Don Quijote de la Mancha vías Romanas, camino meridional de Santiago - Leandro Rodriguez


En espagnol. 1999, Librería Semuret, Ramos Carrión 21, E 49001 Zamora, 142 pages, belles illustrations, extrait de carte géographique.

La Lettre Sépharade a déjà rendu compte dans son n° 24 (décembre 1997) des travaux du 2ème Congrès de l’Association Caminos de Cervantes y Sefarad et dans son n° 27 (septembre 1998) du 3ème Congrès International sur le même thème : Rutas de Don Quijote y caminos de libertad. Dans ces deux réunions scientifiques, le Professeur Leandro Rodriguez a joué un rôle déterminant  avec ses  deux  interventions : en 1997 Don Miquel, Judio de Cervantes et en 1998 Los Judios Luis Camoes Vaz, Miquel de Cervantes Saavedra y Bergança. Dans la même veine Leandro Rodriguez publie cette fois un guide intitulé: Ruta de Don Quijote de la Mancha, Vías romanas, camino meridional de Santiago sous le patronage  de la Junta de Castilla y Leon.

Le propos de l’auteur est clairement indiqué : établir une concordance entre le texte du Quijote et la géographie de sa région et attirer les visiteurs. C’est un exercice bien traditionnel auquel les critiques espagnols du Quijote se sont livré sans cesse dès la parution du chef d’œuvre de la littérature espagnole du Siècle d’Or jusqu’ à  nos jours. En 1905 Azorin, l’un des maîtres de la génération de 1898 publiera : Ruta de Don Quijote après l’avoir parcourue lui même. C’est devenu l’ouvrage classique par excellence. Leandro Rodriguez est pour sa part convaincu, et c’est la thèse qu’il défend, que la route  commence à Sanabria avec des étapes tout fait différentes de celles d’Azorin et de la plupart des critiques espagnols et étrangers. De toutes les manières sa biographie de Miguel de Cervantes est aussi différente : il serait né en 1547 et non en 1549, il aurait étudié à Bragança chez les Jésuites, il aurait voyagé à Milan et dans les Provinces-Unies. Il aurait bien participé à la bataille de Lépante mais à bord des galères d’Andrea Doria. Ensuite il serait devenu camérier du cardinal Aquaviva puis soldat en Sicile  sous les ordres du Général Marco Antonio Colonna. Comme on le constatera, une biographie tout à fait différente des biographies généralement acceptées1 même s‘il subsiste toujours des zones d’ombres sur lui, sur sa famille et sur son appartenance au peuple des conversos...

 
Pour ce qui concerne les trois “sorties” l’auteur les décrit, carte à l’appui, à partir du village natal de Cervantes, Cervantes de Sanabria dans les montagnes du Leon. Ce livre, plutôt un guide, nous livre cette nouvelle route avec les justifications puisées dans le texte du Don Quijote. Comme ce parcours recouvre quelquefois celui des anciennes voies romaines et du chemin méridional de Santiago nous pouvons profiter aussi de chapitres très documentés sur ces thèmes avec de nombreuses illustrations photographiques.

Par contre il est bien difficile de se laisser convaincre par ces 6 itinéraires quichottesques que tous les spécialistes ont très bien situés dans la Mancha avec une assez bonne précision, surtout si l’on veut bien se souvenir qu’il s’agit d’un voyage imaginaire... L’auteur a beaucoup travaillé et réfléchi et son intérêt pour le Don Quijote est patent. Nous lui en donnons bien volontiers acte. 

Charles Leselbaum

Comments