Borges, el Judaismo e Israel


En espagnol 1999, Ouvrage collectif de Sefardica, publicacion del Centro de Investigacion y Difusion de la Cultura Sefardi, Paraguay 1535, Buenos-Aires 1061, Argentine, fax 5411 48012 49 95
Deuxième édition, 
219 pages.


Publié en espagnol, ce livre comporte une chronologie sur les liens de l’œuvre de Borges avec Israël et le monde juif, en huit grands chapitres composés de textes, soit inédits, soit déjà publiés dans diverses revues. Ces chapitres s’articulent autour de huit thèmes: Le judaïsme dans l’œuvre de Borges, Espagne-Sefarad dans l’œuvre de Borges, Israël dans l’œuvre de Borges, La Cabbale, Le Golem, Spinoza (prononçant en 1967 une conférence sur ce dernier il montre une solide connaissance de son sujet), le thème juif dans les reportages de Borges et une anthologie de ses textes les plus significatifs.

On se souviendra que Borges (1899-1986) n’ a jamais cessé de proclamer son amitié, son admiration et son intérêt pour le monde juif et pour Israël. Dès 1926 dans el Tamano de mis esperanzas il commence à écrire sur des thèmes juifs et en 1934 il rédige  Yo, Judio où il affirme avoir des racines juives : ... “il ne me déplaît pas de penser que je suis juif. Il s’agit d’une simple hypothèse, d’une aventure sédentaire et frugale qui ne gêne personne, pas même la renommée d’Israël puisque mon judaïsme est sans paroles, comme les chansons de Mendelssohn. La revue Crisol dans son numéro 30 de janvier 1934) a voulu louer cet espoir rétrospectif et parle de mon ascendance juive malicieusement cachée (cette phrase m’ émerveille) Borges Acevedo est mon nom..... il est d’origine judéo-portugaise…”

Au passage, dans ce recueil, un article de Marcos Ricardo de Barnatan sur “La signification kabbalistique du nom de Jorge Luis Borges” montrant que Borges n’est pas le seul à s’attribuer des origines juives… D’ailleurs, la kabbale le fascinait, plusieurs extraits de son œuvre et articles de commentateurs le montrent ! Il regrettait seulement de ne pas connaître l’hébreu pour pouvoir l’étudier en profondeur.

En 1940 Borges prologue un livre de Carlos M. Grünberg El Mester de Juderia et en 1949 apparait l’un de ses premiers chefs-d’œuvre “Aleph”. En 1964 c‘est la publication du Poème Golem. En 1967 il publie dans une revue ses conférences sur le livre de Job et sur Spinoza et il signe un manifeste avec des intellectuels argentins en faveur de l’Etat d’Israël. En 1969 il effectue un voyage en Israël. Il est reçu par Ben Gourion. En 1971 le maire de Jérusalem Teddy Kollek lui remet le prix Jérusalem. En 1973 il renouvelle avec des intellectuels son manifeste en faveur de l’Etat d’Israël. En 1980 il publie sa conférence sur la Kabbale et l’année suivante il prologue la réédition du livre de Rafael Cansinos Assens “Le Chandelier à sept branches”. Enfin en 1986 il publie l’ élégie écrite en hommage à son ami juif Abramowicz.
Comme on le voit ce livre est un  hommage à un grand écrivain qui n’ a pas cessé de puiser son inspiration dans la tradition juive et qui n’a jamais démenti son amitié en faveur de l’Etat d’Israël.

Le recueil très complet permettra au lecteur d’entrer dans tous les détails de cette relation constante avec le monde juif, celle d’un écrivain qui affirmait “qu’il n’est pas  possible d’imaginer la civilisation occidentale sans les Juifs et les Grecs”.

On regrettera bien entendu qu’une version française ne soit pas encore disponible pour diffuser plus largement cet aspect mal connu de l’homme et de l’écrivain.

Charles Leselbaum



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