Arboleras Canciones y coplas sefardies de tradición oral - Susana Weich Shahak, Eliseo Parra y José Manuel Fraile


Chez Technosaga, Dolores Armengot 13 E 28025 Madrid. 1996.
Le présent article remplace celui,  tout à fait erroné, publié sous le même titre dans l’édition précédente.
Que Susana et ses collègues veuillent bien nous en excuser.
LR

Si le nom de Susana Weich-Shahak revient souvent dans notre rubrique “Musique”, qui pourrait s’en étonner ? N’est-elle pas la cheville ouvrière de la Phonothèque d’Israël, obstinée depuis tant d’années à recueillir de par le monde, sur bandes magnétiques, tous les vestiges musicaux de notre ancienne civilisation judéo-espagnole, à reconstituer les partitions et les faire connaître ?

Et ici, elle se lance à illustrer ses recherches sur le mode sonore, car le plus souvent elle publie en Espagne de fort beaux petits livres que nous commentons dès qu’ils nous parviennent.

Dans un livret très bien réalisé et présenté1, elle nous explique sa démarche puis, en compagnie de deux interprètes espagnols, passe à l’expression musicale. Le travail comportera deux disques : celui-ci, le premier, illustre cancionero et coplas. Le suivant contiendra le romancero traditionnel2.

 Il s’agit en vérité d’une re-création de sauvetage conçue de la façon suivante : Susana a recueilli comme l’on sait, depuis nombre d’années, des mélodies chantées par des informatrices malheureusement âgées, pour lesquelles ces chansons étaient de tradition familiale. L’ hécatombe de la Choah, la pression unificatrice de l’hébreu en Israël aux dépens des langues d’origine (yiddich,  judéo-espagnol, haketia...) ont accéléré la raréfaction de la transmission orale spontanée.

 Susana Weich-Shahak a donc analysé les mélodies enregistrées, leur contenu, les rythmes et ici, ayant réussi à trouver des musiciens capables de manier les anciens instruments traditionnels : oudsazgumbus, elle nous offre des interprétations authentiques, les plus proches possibles de la tradition orale, nous expliquant dans le livret, après chaque exécution, les circonstances dans lesquelles se chantait tel ou tel air, son schéma rythmique etc... et nous offrant le nom et le lieu d’origine de ses informatrices. Il s’agit d’un travail de niveau universitaire qui fait honneur à la compétence de Susana.


La n° 14 est la fameuse Los guisados de las berenjenas, recueillie auprès de Rosa Avzaradel de Rhodes, dont il a été question dans le n° précédent, à propos du livre d’Elena Romero.

La dernière, Adulterio escandaloso, nous ramène aux réalités sociales du lieu et de l’époque après un voyage dans le passé...

Susana n’apparaît dans l’interprétation qu’avec son canum et dans les reprises en chœur.

Ce disque est une œuvre de référence et restera comme base de travail pour les interprètes futur(e)s. Une bibliographie abondante figure dans le livret ainsi que le système de transcription phonique utilisé.


Jean Carasso

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