Editorial


Ce numéro 23 de la “Lettre Sépharade” est un peu différent des précédents en ce qu’il analyse moins de livres et publications diverses qu’habituellement, mais qu’il propose trois études inédites.

Il nous est agréable, les offrant à nos lecteurs, de faire observer que deux ont été écrites par des universitaires vivant et travaillant en Allemagne.

L’apparition, un demi-siècle après la Choah, de travaux sur notre culture et notre histoire sépharades en Allemagne même, nous apparaît d’une certaine manière comme un pied de nez à ceux qui avaient justement là, sur place, mis tout en œuvre pour que cet élément de culture juive - avec tous les autres - disparaisse à jamais. 

L’un des deux est une étude sur l’attitude du gouvernement espagnol (qui sera suivie dans la prochaine édition par une partie complémentaire traitant de celle du gouvernement portugais) relativement aux Juifs, durant la période d’occupation allemande de l’Europe et la Choah.


    L’autre nous expose ce que furent les Sépharades de Hambourg, communauté de migrants du Portugal, maintenant disparue.

 La troisième contribution est une libre réflexion d’un psychanalyste d’enfants et d’adolescents qui rencontre fréquemment dans sa pratique d’aujourd’hui les conséquences à la 3ème ou 4ème génération du non-dit sur les drames de la Choah. Il nous cite au passage quelques livres sur le sujet.

Bien entendu nous poursuivons l’étude des livres rares de la collection Nahmias qui nous ont été offerts.

Si dans l’édition précédente, Michèle Escamilla-Colin, spécialiste de l’Inquisition, nous avait présenté “Le réglement du Saint-Office de l’Inquisition au royaume du Portugal”, édité en 1640 à Lisbonne, dans le présent numéro - toujours en provenance du fonds Nahmias - c’est à propos du grand auto-da-fé du 30 juin 1680 à Madrid, édité en fin de la même année, le plus important et solennel que l’Histoire ait connu, qu’elle poursuit son travail.



    Au chapitre des revues, nous rendons hommage à notre confrère Sam Lévy, créateur et animateur des “Cahiers Séfardis” édités à Paris entre 1946 et 1949.

Comme d’habitude nous analysons aussi quelques bons livres qui nous sont parvenus ces temps derniers.

Mais nous ne négligeons jamais la lingua muestra qui tient toujours sa place, avec une page d’enseignement et deux textes savoureux. La rubrique “Poésie et musique” est particulièrement développée grâce aux nombreux disques et textes reçus.

La Rédaction

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