La cita en Buenos Aires saga de una grande familia sefaradi (en espagnol) - Vittorio Alhadeff

(Le rendez-vous de B.A) Edit. Nuevohacer,
c/ José A. Cabrera 3070  à Buenos-Aires 1186 Argentine, 1996, 380 p.  Arbre généalogique des Alhadeff.

Cest une grande épopée des Rhodeslis que l’auteur a entreprise sur ses vieux jours, pressé de toutes parts pour qu’il pose par écrit ses souvenirs et le fruit de ses recherches généalogiques sur son nom, célèbre et répandu naguère à Rhodes.

Ecrite en français, cette épopée a été traduite puis éditée en espagnol dans l’attente d’une version originale.

Le charme essentiel de ce livre est qu’il mêle fort agréablement l’histoire de la grande famille Alhadeff développant des activités importantes de banque et de négoce, et l’histoire du monde environnant que Vittorio a eu l’opportunité de fréquenter au plus haut niveau.

La vie traditionnelle à Rhodes, les relations inter-ethniques entre juifs, Turcs et Grecs, ces dernières fort mauvaises en général sont bien décrites.

Les grandes familles qui se “partagent” l’île : les Ménaché, Notrica et Alhadeff entretiennent des relations de concurrence commerciale et de bon voisinage privé.



    L’origine tolédane des Alhadeff est attestée, puis la présence de la famille sur l’île suivie pas à pas depuis 1793.

Le choc culturel de l’arrivée des Italiens en 1912, civilisation moderne face à civilisation ancestrale sommeillante est bien décrit.

Le départ de Rhodes pour Milan en juillet 1919, les études au lycée Lakanal à Paris, puis celles de droit en Italie, la destruction du ménage de ses parents sont racontés avec une émotion prenante.

Plus tard, ses rencontres avec Mussolini par exemple, à l’initiative de ce dernier le 19 mai 1927 - jour de l’atterrissage de Lindbergh à Paris -, qui lui offre un poste de consul, aussitôt refusé avec panache; puis avec le célèbre avocat de Nicola, futur président de la République Italienne d’une virtuosité professionnelle étourdissante, sont des morceaux de bravoure.

Dans son bureau d’avocat associé défilent les intellectuels antifascistes qui formeront après guerre l’élite de la République. Et le récit en est attachant.



    Bien plus tard, en 19391, Benedetto Croce vient le voir à son bureau de Milan et lui conseille fortement d’émigrer avec sa famille. Conseil qu’ils suivent : Cannes, Londres Manchester puis Buenos-Aires.

La découverte d’un pays agricole, sorte de “protectorat” britannique dans lequel il faut remonter de toutes pièces l’entreprise familiale, tâche à laquelle Vittorio s’attelle avec succès.

Tout au long du livre se perçoit bien la caractéristique essentielle de l’auteur : homme d’affaires et de culture à la fois, mariage pas si fréquent !

Jean Carasso 

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