Editorial : A propos d’Athènes en 1943


Nous savons tous qu’il n’est ni aisé, ni honnête de récrire l’Histoire.
Nous savons tous que le grand danger pour l’historien est d’interpréter les faits d’antan à la lumière des connaissances acquises depuis.


Nous savons tous que septembre 1943 n’est pas  mars  1943 ni juillet 19421 mais nous nous souvenons que  la capitulation du VIème corps de l’armée allemande à Stalingrad le 2 février 1943 a marqué le tournant de la guerre.

Nous savons tous que, durant les années terribles, les situations furent bien différentes ici et là, au Danemark ou en Belgique, à Gênes ou à Marseille, à Sofia ou à Sarajevo, à Athènes ou ailleurs en Grèce même, à Salonique par exemple, pour ne pas parler de l’Europe de l’Est.

Nous le savons tous. Nous n’avons pas à juger des attitudes, nous qui n’étions pas parmi les dirigeants juifs en 1943.
Mais nous sentons tous aussi que la douleur s’avive tout de même sans qu’on puisse l’endiguer, cinquante-trois ans après, quand on pense à la ville dont le nom nous vient aux lèvres, et à la manière dont les responsables juifs réagirent là dans des circonstances proches de celles rapportées dans la présente livraison2 .    

Vous trouverez en pages 13 à 15 un dossier important que nous devons à Alice Benmayor, fille du rabbin Barzilaï, sur le sauvetage des Juifs d’Athènes durant  l’occupation allemande de la ville.
Des livres très variés sont commentés par divers chroniqueurs dans des styles passablement différents, cassettes et disques ne sont pas oubliés, la gastronomie y figure sous une forme... romanesque , et la lingua muestra, avec trois articles, occupe la place qui lui revient, cotoyant des poétesses sépharades et des idées de voyages en Espagne. Beaucoup question d’Espagne dans cette édition !

La Rédaction

Enseignement

A la liste des enseignements que nous avons publiée dans notre édition précédente, il convient d’ajouter, tous à Paris :

Un qui vient de commencer, sur la grande figure d’ Isaac Abravanel (1437-1508), dispensé par Jean-Christophe Attias le mercredi de 16 à 18 heures à la Section des Sciences religieuses de l’Ecole Pratique des Hautes Etudes, en Sorbonne, 45 rue des Ecoles, escalier E 1er étage.

Les deux autres commencent en janvier 1997.

De langue judéo-espagnole dispensé par Haïm Vidal Sephiha à l’Université de Paris VII-Saint Denis, département d’hébreu, chaque vendredi de 11 à 12 heures à compter du 10 janvier.

D’Esther Benbassa sur les Juifs des Balkans, à l’Université Inter-Âges de Paris IV-Sorbonne, 1 rue Victor Cousin à partir de fin janvier 1997, renseignements au n° d’appel 01 40 46 26 19.




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