Je me souviens d’Izmir...


Lorsque Giacomo Eliezer, de Paris, écrit en octobre 1995 à son ami Nelson Léon, de Sao-Paulo, il l’entraîne, par la magie de l’évocation, jusqu’à Izmir.
C’é
tait il y a soixante-dix ans...

Je me fais un plaisir de te rappeler que je tai vu naître, car nos parents étaient voisins à
Karatas, à de la pâtisserie turque de Salih Effendi, lequel avait un employé nommé Nuri. Le soir, l’établissement fonctionnait comme bar et un orchestre accompagnait les chanteuses, danseuses du ventre.


Une partie du terrain, derrière la pâtisserie, était employée pendant les huit jours de la Pâque par un vieux juif qui montait une grande balançoire où les jeunes se faisaient balancer pour une piastre pendant quelques minutes alors que, vers la fin du balancement, le bonhomme, pour faire comprendre que c’était fini, criait una de caba, dos de caba i tres de caba, après quoi il arrêtait pour faire place à d’autres petits clients qui simpatientaient...
Je crois que tu dois ten souvenir, comme du juif Raban qui avait son magasin-atelier à cô pour y débiter ses baklavas, kadaïfs et autres douceurs juives. 

C’
est un monde disparu auquel actuel-lement les jeunes ne prendraient aucun plaisir, et même sen moqueraient...”

Giacomo Eliezer
Comments