Musiques : The Voice of the Turtle


On assiste depuis quelques années, à une véritable explosion denregistrements de musique sépharade, dans des styles fort différents : de la liturgie ou de la musique folklorique, des chants sobres ou des orches-trations plus sophistiquées, des duos ou des grands ensembles.

Aux USA,
un nom tient le haut du pavé : Voice of the Turtle”, un groupe à but non lucratif fondé en 1978 et voué à la diffusion et à la préservation de la musique des Sépharades.

Les quatre musiciens et chanteurs, Derek Burrows, Lisle Kulbach, Jay Rosenberg et Judi
th Wachs (directrice artistique du groupe) nont pas vraiment des noms sépharades mais on le leur pardonne tant leur entreprise est digne de louange et leur discographie impressionnante et intelligente.

Les cinq premiers albums mêlent des chansons folkloriques et des chants pour grandes occasions (mariages, fêtes). Les quatre suivants rendent chacun hommage à une région qui fut chemin dexil : Turquie, Maroc, Yougoslavie et Bulgarie, Salonique et Rhodes (le prochain, sur Jérusalem est en préparation). 

Cette répartition comporte limmense avantage de mettre en relief les caractéristiques musicales de chaque lieu et les influences locales, comme les airs arabisants à Tétouan etc... 

Le plus agréable reste bien sûr dentendre chaque fois soixante minutes de judéo-espagnol dans de superbes évocations, tantôt de douleur (Dia de Shabbat” après lincendie de Salonique en 1917) tantôt de joie (Viva Orduenyia”) tantôt damour passionné (La sirena”). Les rythmes savent se faire lents et étalés ou nerveux et rapides en fonction des paroles et les voix, toujours chaudes, épousent une grande palette d’émotions, de tons et de registres.

Ces disques ont d’autres qualités : ils permettent de découvrir une grande variété d’instruments exotiques, anciens ou méconnus : les quatre musiciens jouent de vingt instruments, parmi lesquels le chalumeau, le saz, le bombard, loud ou la mandoline. Certains sont dorigine médiévale (comme la cornemuse espagnole ou la vielle), dautres sont plus modernes : la clarinette ou la guitare.

C’est que les Turtle” ne sont pas que des artistes qui se produisent en concert et gravent des disques : leur engagement pour la musique sépharade est plus complet que cela. Ils donnent des conférences sur lhéritage sépharade, font des tournées dans les écoles, animent des ateliers de musicologie, exhumant des partitions et des instruments oubliés auxquels ils insufflent une vie nouvelle. Cest ainsi quils ont puisé dans les archives de Kol Israel , dans celles des clubs du troisième âge ou celles de particuliers, et lancent continuel-lement des appels pour trouver dautres mélodies authentiques.

Chaque disque contient des chants liturgiques ou para-liturgiques (chantés en famille lors des fêtes, comme Ocho Kandelikas” ou Mi Ze Yemalel” à Hanoucca), d’autres liés au cycle de la vie (naissance, mariage, comme A la una yo nasi”, mort), des romanças” (ballades) comme Povreta Muchachika”.

Le livret daccompagnement est très bien fourni, avec, outre une brève introduction - historique, linguistique et musicale - à l’héritage sépharade, une transcription et la traduction des textes chantés, un éclairage sur leur origine et sur le contexte social dans lequel on pouvait les entendre.

On ne peut que se réjouir du succès de la Voice of the Turtle” et de leur philosophie résumée en un proverbe judéo-espagnol : A ke araba suves, kanta la mesma kantika”. Souhaitons leur une longue vie de groupe, remplie de chants et de musique1.

Brigitte Sion

Il est déjà étonnant de recevoir de Fortaleza, sur la côte nord du Brésil, un disque compact de chants judéo-espagnols interprétés en brésilien par un bon chanteur sur un rythme entraînant.

Mais lorsque l’on apprend que les textes ont été traduits, et le disque édité, par un non-juif amoureux de Sefarad sous tous ses aspects, laventure devient émouvante ! Le disque sappelle simplement : Homenagem a Sefarad,  Cançoes & Romances sefarditas , et comprend nombre de mélodies connues et populaires (El Rey Nimrod, A vida pelo raki etc.) mais d’autres plus rarement interprétées.
Le chanteur est
Cesar Barreto, et le traducteur-producteur Virgilio Maia.







Sous la direction du Grand Rabbin Moïse M.Lévy, de la communauté
rhodiote de Lumumbashi (Elizabethville), un certain nombre des fidèles regroupés à Bruxelles viennent d’éditer en disque compact les chants religieux de rite sépharade quils pratiquaient là-bas. Le disque est intitulé MIZMOR .






Recherches 


généalogiques


Notre lectrice Alessandra Berghino nous a fait parvenir un dossier complet concernant les voies de la recherche historique possible pour les Juifs dItalie, dans la multiplicité de leurs origines, y compris l’espagnole. Nous consulter.
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