La France émet des mandats d'arrêt contre deux militants franco-israéliens de droite pour « complicité de génocide »

(JTA) — La France a émis des mandats d’arrêt contre deux militants franco-israéliens pour « complicité de génocide », une accusation qui découle du fait que les deux hommes auraient empêché l’aide humanitaire d’entrer dans la bande de Gaza.

Les mandats d'arrêt ont été émis en juillet contre Nili Kupfer-Naouri, présidente de l'organisation Israel Is Forever, et Rachel Touitou, militante de l'organisation Tsav 9, un groupe israélien de droite sanctionné par les États-Unis en juin 2024 pour avoir détruit l'aide humanitaire à Gaza.

Les deux hommes ont été inculpés de « complicité de génocide » et « d’incitation publique et directe au génocide », a rapporté lundi le journal français Le Monde. Ils sont accusés d’avoir tenté d’empêcher l’entrée de camions d’aide humanitaire à Gaza entre janvier et novembre 2024 et en mai 2025.

Un certain nombre d'activistes, dont des réservistes militaires et des membres des familles de certains otages, ont cherché à empêcher les camions d'aide d'entrer à Gaza, arguant qu'aider les Gazaouis allégerait la pression sur le Hamas.

Dans une interview accordée à i24News, Kupfer-Naouri a déclaré : « J'ai bloqué les camions qui approvisionnaient le Hamas. Si c'était à refaire, je le referais. » (Israël a accusé le Hamas d’avoir volé des livraisons d’aide à Gaza pendant le conflit.)

Les mandats d’arrêt sont remarquables car ils représentent un succès pour les organisations de défense qui cherchent à tenir les Israéliens responsables de ce qu’ils considèrent comme des crimes de guerre. Les mandats d'arrêt découlent d'une plainte déposée l'année dernière par le Centre palestinien pour les droits de l'homme et les groupes Al-Mezan et Al-Haq, qui ont tous été sanctionnés par les États-Unis en septembre pour s'être « directement engagés dans les efforts de la Cour pénale internationale pour enquêter, arrêter, détenir ou poursuivre des ressortissants israéliens, sans le consentement d'Israël ».

Dans une déclaration commune avec l’Union juive française pour la paix, qui s’est jointe à la plainte, les groupes ont qualifié le mandat d’arrêt contre Kupfer-Naouri de « pas en avant historique dans la lutte contre l’impunité ».

Les mandats d'arrêt exigent que Kupfer-Naouri et Touitou, tous deux nés en France et résidant en Israël, comparaissent devant un juge d'instruction, mais pas pour leur détention, selon l'agence de presse française AFP.

Touitou a condamné le mandat d'arrêt dans un post du lundi X.

« Si manifester pacifiquement avec un drapeau israélien contre une organisation terroriste qui s'empare de l'aide humanitaire, la détourne et la revend à des prix exorbitants aux Gazaouis est un crime, alors il n'y a pas lieu de mépriser les Mollahs, la France est comme l'Iran ! », a-t-elle écrit. « Je me battrai toujours pour défendre la vérité, mon peuple et mon pays 🇮🇱. »

Dans une interview publiée sur X le mois dernier, Kupfer-Naouri a qualifié l’enquête de « délire antisémite », ajoutant : « Je ne pourrai plus mettre les pieds en France parce que je n’ai pas l’intention d’aller dans les prisons françaises, ni en garde à vue, ni autre chose. »

Kupfer-Naouri a déclaré que l’enquête pourrait créer un « précédent très dangereux » pour les soldats franco-israéliens de l’armée israélienne qui rentrent chez eux en France.

Certains soldats israéliens voyageant à l’étranger ont fait l’objet d’enquêtes pour crimes de guerre en raison de leurs actions à Gaza. Au cours de l'été, certains soldats canadiens de Tsahal ont également déclaré qu'ils craignaient de rentrer chez eux après que la Gendarmerie royale du Canada a annoncé qu'elle avait ouvert une enquête sur les crimes commis par des Canadiens pendant la guerre à Gaza.

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