Que lire sur l’antisémitisme après Pittsburgh

L’histoire de l’antisémitisme est tentaculaire et laide. Mais alors que les Américains cherchent à comprendre ce préjugé unique à la suite du massacre de Pittsburgh, un certain nombre de livres et d’essais peuvent servir d’amorces utiles sur le sujet. Le New York Times a récemment suggéré trois titres de ce type : « (((SEMITISM))) : Being Jewish in America in the Age of Trump » de Jonathan Weisman, « History on Trial : My Day in Court With a Holocaust Denier » de Deborah Lipstadt et « Une obsession mortelle : l’antisémitisme de l’Antiquité au djihad mondial » de Robert Wistrich. The Forward a quelques recommandations supplémentaires à ajouter à ces choix.

1) « L’antisémitisme : la haine la plus longue » de Robert Wistrich (1991)

Publié avant « A Lethal Obsession », « Antisemitism » de Wistrich [sic] retrace l’évolution de l’antisémitisme, pays par pays, de l’Antiquité à l’époque moderne. « The Longest Hatred » a été initialement publié en tant que livre d’accompagnement d’une série PBS en trois parties, et il continue d’être une ressource inestimable pour contextualiser les origines anciennes et mondiales de l’antisémitisme.

2) « Le visage changeant de l’antisémitisme : de l’Antiquité à nos jours » par Walter Laqueur (2006)

Laqueur, directeur de la Wiener Library, le principal institut d’études antisémites de Londres, décrit les différentes formes que l’antisémitisme a prises au fil des ans – d’une préoccupation essentiellement religieuse au racisme, en passant par une forme plus récente, qui se dissimule sous points de discussion anti-israéliens.

3) « Anti-judaïsme: la tradition occidentale » par David Nirenberg (2013)

Le livre de Nirenberg explore comment les civilisations historiquement opposées à la foi juive ont réussi à faire de cette opposition une pierre angulaire de leurs sociétés. L' »anti-judaïsme » adopte une vision à long terme du phénomène, de l’Égypte, de la Grèce et de la Rome antiques à l’Espagne de l’époque de l’Inquisition et à l’Allemagne nazie. Nirenberg conclut que la plupart des nations occidentales ont parfois systématiquement perçu l’identité juive comme une menace pour leur culture dominante et ont explicitement construit des règles, des politiques et des infrastructures pour limiter la présence des Juifs dans la société.

4) « La guerre contre les Juifs : 1933-1945 » de Lucy S. Dawidowicz (1975)

Le livre de Dawidowicz s’ouvre sur la montée au pouvoir des nazis et se termine sur la fin de la Seconde Guerre mondiale. En couvrant cette période de 12 ans – avec des détours historiques dans la théologie de Martin Luther et ses propres théories sur le conditionnement antisémite des Allemands – Dawidowicz dépeint la dégradation d’une société préoccupée par la persécution et l’éventuelle extermination des Juifs. Puissamment, Dawidowicz a inclus le nombre estimé de morts juifs par pays dans le livre.

5) « Nier l’Holocauste : l’assaut croissant contre la vérité et la mémoire » par Deborah Lipstadt (1993)

Parmi les itérations les plus audacieuses de l’antisémitisme moderne figure la négation de l’Holocauste. Dans son livre, Lipstadt plonge dans l’histoire des débuts de la tendance en France et parmi les sympathisants nazis en Amérique juste après la Seconde Guerre mondiale. En décrivant les divers complots colportés pour disculper l’Allemagne du génocide, Lipstadt met en lumière ce qu’elle considère comme un mouvement international visant à discréditer les survivants.

6) « Antisémite et Juif » de Jean-Paul Sartre (1946)

Cet essai d’après-guerre soulève la question de l’antisémitisme dans le domaine existentiel, examinant non seulement l’élan qui anime le sentiment anti-juif, mais aussi la façon dont les Juifs réagissent aux préjugés à leur encontre. Sartre considère l’antisémite comme un « lâche » et soutient, de manière controversée, que la longue histoire et l’expérience singulière des Juifs sont accessoires à la haine des gens à leur égard. « Si le Juif n’existait pas, l’antisémite l’inventerait », écrit Sartre.

7) « Les nègres sont antisémites parce qu’ils sont anti-blancs » de James Baldwin (1967)

Cet essai est peut-être encore plus controversé aujourd’hui que lorsqu’il a été publié à l’origine dans le New York Times en 1967. Baldwin soutient que les communautés noires de l’Amérique du milieu du siècle en sont venues à faire des Juifs des boucs émissaires pour une tendance plus large à l’intolérance et leur en veulent de pouvoir s’assimiler comme blanche. « Si l’on reproche au Juif de ne pas avoir été ennobli par l’oppression, on n’inculpe pas la seule figure du Juif mais l’ensemble de la race humaine, et l’on fait aussi une revendication assez époustouflante pour soi-même », écrit Baldwin. L’essai est une étude de cas sur la façon dont d’autres minorités opprimées sont sensibles à l’antisémitisme et sur la façon dont les Juifs, même avec un passé privé de leurs droits, ne sont pas irréprochables lorsqu’il s’agit de bénéficier des systèmes de l’oppresseur.

PJ Grisar est le stagiaire culturel du Forward. Il est joignable au [email protected]

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