Oppenheimer est-il juif ?

L’héritage culturel d’Oppenheimer : naissance dans une famille juive

Né d’un père immigrant allemand de confession juive et d’une mère d’origine aux racines similaires, le questionnement de l’identité juive de J. Robert Oppenheimer, souvent désigné comme le « père de la bombe atomique », est une affaire d’héritage culturel et de liberté personnelle.

Julius Oppenheimer, son père, était un riche importateur de textiles qui, bien qu’il ait grandi dans une maison respectant les coutumes juives, ne semblait pas avoir été particulièrement observant. Sa mère, Ella Friedman, issue d’une famille juive de Baltimore, était une artiste.

Il convient cependant de noter que la pratique religieuse n’était pas une caractéristique forte de la maison Oppenheimer. La famille était conventionnellement associée à la synagogue de la communauté juive d’origine allemande, la Congrégation Emanu-El de New York, mais Robert Oppenheimer lui-même fut élevé dans un environnement de pensée et de morale laïques.

Oppenheimer et la question de l’identité juive

Oppenheimer était un homme de contradictions. D’une part, il embrassait par certains aspects son identité juive, et d’autre part, il semblait s’en écarter. En tant que jeune homme, il écrivit une poésie lyrique à forte connotation juive. Il devint même membre du club juif de l’Université Harvard, malgré son apparent manque d’intérêt pour la religion organisée.

Cependant, Oppenheimer a souvent été accusé de négliger, voire de renier, son héritage juif. Lors d’un voyage à Londres, il est allé jusqu’à changer son nom pour le rendre moins « juif », en adoptant le pseudonyme de « Nicholas Baker ».

Certains de ces paradoxes peuvent s’expliquer par le contexte de son époque. L’antisémitisme et la discrimination étaient bien présents dans la société, et encore plus dans le monde universitaire et scientifique. C’est peut-être pour cela qu’il est rapporté qu’il n’a jamais ouvertement revendiqué son identité juive plus tard dans sa carrière.

Oppenheimer : entre laïcité et spiritualité orientale

Oppenheimer lui-même semblait être un agnostique. Il n’a pas promu le judaïsme ou une autre forme de religion organisée. Son intérêt pour la philosophie et la spiritualité orientales, notamment pour l’hindouisme et le bouddhisme, est bien documenté.

Oppenheimer était connu pour ses citations du livre sacré hindou Bhagavad Gita. Au moment de l’essai Trinity, le premier essai nucléaire, il est supposé avoir dit « Maintenant, je suis devenu la mort, le destructeur des mondes », une citation de ce livre.

Conclusions : la complexité d’une identité

Alors, Oppenheimer était-il juif? La réponse n’est pas aussi simple. Oppenheimer est un reflet de la complexité de l’identité humaine. Il était juif de naissance, mais sa relation avec le judaïsme était complexe et ambivalente tout au long de sa vie.

Il semble préférable de dire qu’il était un scientifique, un philosophe, un amateur de spiritualité orientale et un héritier d’une famille juive, sans pour autant être un pratiquant du judaïsme. Aussi, si nous nous demandons si Oppenheimer était juif, peut-être devrions-nous plutôt nous demander si Oppenheimer se serait identifié comme tel. La réponse, d’après ce que nous savons de lui, semble être un non réservé.

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