(JTA) — Des dizaines de dirigeants juifs européens, rejoints par des diplomates israéliens et américains, ont dénoncé les procureurs d’Anvers qui envisagent d’inculper deux hommes juifs pour avoir pratiqué des circoncisions illégales.
Dans une lettre ouverte adressée mardi aux responsables européens et belges, 45 responsables communautaires et religieux juifs ont accusé le parquet d'Anvers de « criminaliser de fait l'acte de circoncision » et de porter atteinte à la liberté religieuse.
Plus tôt ce mois-ci, les procureurs belges ont annoncé leur recommandation de renvoyer deux mohels, ou exciseuses rituelles, devant le tribunal pénal à la suite d'enquêtes sur des circoncisions illégales présumées.
En Belgique, la loi exige que toutes les circoncisions soient pratiquées par des professionnels de la santé agréés. Les deux hommes seraient mis en examen pour coups et blessures volontaires sur mineurs et exercice illégal de la médecine.
Les dirigeants juifs européens ont répondu que poursuivre les mohels était « de nature antisémite, rappelant les efforts déployés en Europe contre la pratique juive avant la Seconde Guerre mondiale ».
Ils ont déclaré que les poursuites potentielles envoyaient le message que « les Juifs ne sont plus les bienvenus en Belgique » et que « les Juifs belges sont désormais des citoyens de seconde zone avec des droits limités ». Leur appel était dirigé par le président de l’Association juive européenne, le rabbin Menachem Margolin.
Les responsables israéliens et américains ont également accusé la Belgique de cibler les Juifs parce qu’ils pratiquent leur foi.
Gideon Saar, le ministre israélien des Affaires étrangères, a qualifié la décision des procureurs de « lettre écarlate pour la société belge ». Il a été rejoint par l’ambassadeur américain en Belgique, Bill White, qui a déclaré sur X que la Belgique « sera désormais considérée comme antisémite par le monde ».
Le ministre belge des Affaires étrangères a rétorqué qu'il était « inapproprié de critiquer publiquement un pays et de ternir son image simplement parce que vous n'êtes pas d'accord avec les procédures judiciaires ».
« Je rappelle que les procédures en question ont été initiées par des représentants de la communauté juive elle-même », a précisé Maxime Prévot. « Les présenter comme la volonté d’un pays de porter atteinte à la liberté religieuse des Juifs est diffamatoire. »
Les mohels ont fait l'objet d'une première enquête suite à des plaintes déposées par Moshe Aryeh Friedman, un rabbin anversois. Il a allégué en 2023 que six mohels locaux pratiquaient la metzitzah b'peh, dans laquelle le circonciseur nettoie la plaie de circoncision avec une aspiration orale. Au cours des deux dernières décennies, plusieurs nourrissons de la ville de New York ont été infectés par l'herpès à la suite de cette pratique.
La lettre des dirigeants juifs européens ne répondait pas aux affirmations de Friedman.
