Le ministre français de l’Intérieur dénonce la violence « antisémite » lors d’une manifestation anti-israélienne

Le ministre français de l’Intérieur a promis lundi de réprimer l’antisémitisme après que la violence ait entaché les rassemblements pro-palestiniens à Paris et dans les environs pour protester contre le rôle d’Israël dans le conflit du Moyen-Orient qui dure depuis deux semaines.

La France compte à la fois les plus grandes populations juives et musulmanes d’Europe et les flambées de violence au Moyen-Orient ajoutent souvent aux tensions entre les deux communautés.

Les médias locaux ont montré la devanture incendiée d’une épicerie casher dans la banlieue parisienne fortement juive de Sarcelles après une manifestation non autorisée dimanche. Le week-end dernier, des manifestants pro-palestiniens ont affronté la police anti-émeute devant deux synagogues parisiennes.

« Il est inacceptable de cibler des synagogues ou des magasins simplement parce qu’ils sont gérés par des Juifs », a déclaré le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve aux journalistes lors d’une visite à Sarcelles, qui abrite également d’importantes populations immigrées non juives.

« Rien ne peut justifier l’antisémitisme, le fait de noter peut justifier ce genre de violence. Cela sera combattu et sanctionné », a-t-il déclaré.

Les médias locaux ont déclaré que des jeunes de Sarcelles se sont affrontés avec la police et que des voitures ont été incendiées au milieu de pillages généralisés qui ont également touché des cibles non juives. Des affrontements avaient entaché une autre manifestation non autorisée à Paris samedi, tandis que d’autres rassemblements à travers la France se déroulaient pacifiquement avec l’autorisation des autorités locales.

Certains manifestants et même des politiciens socialistes au pouvoir ont critiqué les interdictions des rassemblements de Sarcelles et de Paris comme étant contre-productives. Mais Cazeneuve a déclaré qu’il réagirait de la même manière si des mosquées ou des églises étaient visées.

Au cours des trois premiers mois de 2014, plus de Juifs ont quitté la France pour Israël qu’à tout autre moment depuis la création de l’État juif en 1948, citant les difficultés économiques de l’économie stagnante de la France mais aussi la montée de l’antisémitisme comme facteur.

Depuis que les combats au Moyen-Orient ont commencé le 8 juillet, le nombre de morts a dépassé les 500, avec 484 Palestiniens parmi les victimes alors que les jets et les chars israéliens pilonnent Gaza. Le Conseil de sécurité de l’ONU a appelé à un cessez-le-feu immédiat.

Certains manifestants pro-palestiniens ont accusé la France de se ranger du côté d’Israël dans le conflit, citant les interdictions de rassemblement et une déclaration du bureau du président François Hollande affirmant qu’Israël était justifié de prendre des mesures pour assurer la sécurité de ses citoyens.

La France a rejeté tout parti pris et Cazeneuve a déclaré que les décisions sur les futurs rassemblements seraient prises au cas par cas.

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