Exemplaires : La nona par Jean Carasso


Résumé des chapitres précédents :


Jean Carasso qui, dans le numéro 3 de la LS racontait quelques souvenirs de son enfance à Paris, en visite les jours de congé chez sa grand-mère Flore, a été incité par plusieurs lecteurs à poursuivre le récit. De sorte que, remontant dans la LS 4 au mariage de sa grand-mère à Salonique avec un officier vite disparu, il poursuit dans la LS 5 le récit des difficultés de la jeune veuve sur place, et dans la LS 6, son émigration vers Paris avec ses deux enfants Elie et Henriette et ladaptation, le début de leur assimilation. Dans la LS 7 on voit la situation professionnelle dElie saméliorer, puis le début de la guerre et lannonce du grand incendie de Salonique, nouvelle fort émouvante pour Flore qui sembarque aussitôt à Marseille avec ses enfants pour s’assurer que sa mère et sa fratrie nont pas souffert ou même perdu la vie dans limmense sinistre.

Non, aucun membre de sa famille nest mort à Salonique et cet incendie gigantesque, miraculeusement, n’a tué personne en ville.

Mais cinquante mille habitants, majoritairement juifs sont dans la rue, campent dans ou aux environs de la ville1Flore et ses enfants, arrivés sur place au début de septembre dans un grand désordre de populations mêlées aux troupes diverses : françaises et coloniales, britanniques etc., retrouvent les leurs. Et par chance ils peuvent partager un petit appartement déjà occupé par son jeune frère Eliahou - qui héberge lui-même sa propre mère - maintenant marié à Sol -Solica-, et père dun premier garçon .

Flore et ses enfants occuperont une pièce, qui jouxte le séjour-cuisine, lieu de la vie commune. De lautre côté de cette pièce, deux autres, petites, pour le jeune ménage avec enfant, et la grand-mère.

Cette situation ne se prolonge guère, car en cette fin de 1917 la majorité de la fratrie est dé installée à Paris : Sol depuis 1914, avec ses trois enfants : David - dit Dario -, Manuel et Rachel, dès la mort de son époux Jacob Mordoh2, et Régina au début de la guerre, avec son mari Jacob Belifante - ils deviendront «Belfante» plus tard, lors de leur naturalisa-tion - ceux restant à Salonique étant saufs.

Elie n’a pas de travail ici, et ne songe qu’à retourner chez ses patrons parisiens et retrouver un salaire.

D’
ailleurs, latmosphère en ville est déprimante, trop de gens vivent encore dans la rue, ne songent qu’à fuir3 pour rejoindre tel ou tel de leur famille déjà installé ailleurs. Le “marché noir” - mais on ne s’exprimait pas encore ainsi -, disons les “petits trafics” se sont organisés avec labondante armée alliée.

Flore repart comme elle est venue, dans des conditions de navigation précaires : cest aussi la guerre en Méditerranée ! Elle ne sait évidemment pas quelle ne reverra plus sa mère, qui mourra lannée suivante.
Et l’
on se réinstalle à Paris, dans l’appartement un moment abandonné. Elie est immédiatement réaccueilli par ses employeurs fort heureux de retrouver un employé expérimenté alors que les hommes jeunes sont de plus en plus rares , «les embusqués» dit-on couramment dans Paris.

Au prix des hécatombes et des souffrances que lon sait, la guerre sachève enfin. 

à suivre...
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