Ritmo Antiko, poezias i kantigas - Matilda Koen-Sarano

Judéo-espagnol  et hébreu
Rythmes anciens, poésies et chansons
2005, Chez l’auteure à POB 34040 - Jérusalem 91340
Fax 972 25 61 76 97
paz3@zahav.net.il
294 pages
sans ISBN
Comment caractériser ce nouveau livre de Matilda ? Il semble résulter du désir de publier, de mettre en circulation, même limitée puisqu’il s’agit d’une publication d’auteure, la masse de poèmes, chansons et autres textes archivés chez elle.

Ce qu’elle a publié précédemment n’avait généralement pas de caractère personnel, s’agissant de contes classiques du folklore qui lui avaient été rapportés par tels ou tels informant(e)s toujours nommés, ainsi que des histoires de Djoha dont Matilda Koen-Sarano est la spécialiste incontestée dans le monde.
On peut être incité à mettre ce désir de publier des textes personnels en relation avec ce disque collectif au titre poignant que Matilda a fait éditer en 2002 et distribué elle-même : Di ke no es tadre (Dis moi qu’il n’est pas trop tard…).1

L’ordre dans le livre n’est pas chronologique, mais thématique et, dans la première partie, les poèmes sont en effet classés par thèmes, très librement et Matilda n’en est pas nécessairement l’auteure : elle a pris plaisir à entremêler aux siens certains de poètes connus ou inconnus. Le chapitre IV par exemple qui s’intitule Viaje (voyage) offre des coups d’œil, des clins d’œil sur des lieux, des villes, mais aussi simplement des visions personnelles fugitives,2 des sentiments ressentis à l’occasion de… Matilda se dévoile beaucoup, comme seuls les poètes savent le faire : nombre d’entre eux sont des poèmes d’amour, d’un homme ou d’un lieu, célébrant des rencontres fortuites imaginées. Comme tous les poèmes sont datés, il est amusant de reconstituer ses itinéraires, quelques poèmes étant même rédigés “dans l’avion”.

Son poème Salonik, daté du 16 avril 2000 résume bien ce qu’elle n’a pas été seule à ressentir en cette ville comme serrement de cœur.3

Le chapitre V Para ti souligne la virtuosité de Matilda qui écrit même d’émouvants poèmes d’amour d’un homme à une femme (Deshame sonyar, laisse moi rêver, page 79, Komo anoche, comme hier soir, page 87).

Il est impossible de rendre compte, en un article, de la variété du talent de Matilda, dont nous ne soupçonnions pas l’étendue.


La seconde moitié est constituée d’un recueil de partitions, dont la musique est signée de divers compositeurs, et les textes à de rares exceptions près, de Matilda. L’ensemble est d’une richesse inestimable et retiendra l’attention d’interprètes souvent à la recherche de partitions, surtout sur des textes nouveaux, et qui ne savent pas vers où se tourner.

Sans se désigner comme tel, cet ouvrage est d’évidence un merveilleux manuel d’enseignement à la disposition de professeurs de langue un peu musiciens et capables de commenter les textes.

Jean Carasso













Al ke nada izo
nada se l'apego*


* Du second recueil de proverbes de Luis Leon, édité par le CIDICSEF à Buenos-Aires en 2004 et commenté dans la Lettre Sépharade n°54, en pages 13 et 14


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