Los Sambenito del museo diocesanto de tui - Jesús Casás Otero

En espagnol, Les sambenitos du musée diocésain de Tui
2004, Éditions du Musée
Praça do Conceio
36700 Tui Espagne
157 pages

ISBN 84 609 2873

La Galice redécouvre peu à peu son passé juif et fouille ses archives ou les remet en ordre. A l’occasion d’une restauration en 1994 du Musée Diocésain de Tui, le conservateur Jesús Casas Otero fait une découverte surprenante : 14 sambenitos en assez bon état qui nous racontent le sort des familles Coronel et Mendez que l’Inquisition n’a pas hésité à poursuivre et à condamner au prétexte qu’ils étaient hérétiques et judaïsants.

Il s’agit donc de toiles1 de lin peintes à l’huile avec un X en rouge comportant le motif de la condamnation et l’année de la sentence. A notre connaissance ce sont les seuls exemplaires aussi lisibles et aussi bien conservés en Espagne. Ces toiles étaient suspendues dans les églises du ressort de la paroisse des condamnés pour qu’ils soient ainsi sous surveillance, que l’infamie retombe sur leurs descendants et aussi pour l’exemple. On imagine aisément les conséquences pour les enfants et les familles de ces conversos.
Ces 14 toiles sont datées des années 1617 et 1619. Citons par exemple :

1/ Antonia Henriquez, veuve de Duarte Coronel, native de la ville de Tui absente, hérétique judaïsante, réconciliée3 sur statue en 1619.

2/ Maria de las Nieves, native de Tui et épouse de Pedro Correa habitant de cette ville, hérétique judaïsante, réconciliée en 1617.

3/ Ysabel Gomez, célibataire, native de Viana au Portugal, petite fille de Manuel Falcon habitante de Tui, hérétique judaïsante, réconciliée en 1617.

Le Musée a pu aussi retrouver dans le registre des sentences de l’Inquisition les détails concernant ces conversos. Nous y apprenons qu’Antonia Henriquez a fui la ville de Tui le 21 juillet 1609. Elle était soupçonnée de pratiquer en secret le judaïsme ; elle est condamnée à la confiscation de ses biens mais sans succès. L’accusation reprend en 1614. Cinq ans plus tard faute de l’avoir arrêtée, l’Inquisition doit se contenter d’exécuter la sentence en 1619 sur une statue…

Maria de las Nieves, arrêtée avoue avoir fait de nombreux jeûnes et cérémonies judaïques. Elle est condamnée à la confiscation de ses biens puis autorisée à ne plus porter el hábito et à regagner le sein de l’église en 1617.

D’Ysabel Gomez nous savons qu’elle a résidé à Ponferrada et Bayonne. Judaïsante, elle a été mise au secret, a refusé d’avouer mais soumise à la torture elle a tout confessé. Elle est condamnée à la prison et à la confiscation de ses biens.

Ce livre comporte également toute une série de chapitres passionnants sur l’implantation des statuts de pureté de sang, sur le tribunal de l’Inquisition de Galice et d’une façon générale nous éclaire sur le devenir des juifs de cette région qui ont fui, soit vers le Portugal, soit vers l’Île de Corfou et la ville de la Rochelle, un parcours que nous suivons  maintenant assez bien.

Charles Leselbaum





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