Los judíos de Ribadavia - Maria Gloria de Antonio Rubio

En espagnol, Les juifs de Ribadavia
2004, Editorial Lóstrego, apartado 2221
15780 Santiago
147 pages

ISBN 84 933244 2

Maria Gloria de Antonio Rubio qui a soutenu sa thèse sur les communautés juives de Galice du XIe au XVe siècles a mis ses recherches et son talent au service d’une noble cause, la divulgation de la présence juive dans cette région d’Espagne toujours un peu oubliée.

Elle nous livre donc tous les secrets de l’histoire juive de cette petite ville galicienne où perdure dans les pierres et dans les esprits le souvenir d’une communauté juive. On se souviendra que la ville fait partie du réseau des 17 villes qui possèdent un quartier juif (Red de Juderías de España). Curieusement les premières traces de l’existence des juifs à Ribadavia, nous les devons aux célèbres Chroniques de Jean Froissart écrites en français entre 1375 et 1400. Il faut se souvenir qu’en raison d’un conflit dynastique au sein de la couronne de Castille, le Duc de Lancaster, à la tête d’une flotte anglaise occupe la ville de Ribadavia en 1386. La Chronique nous indique que les juifs de la ville participèrent avec courage et héroïsme à la défense de leur cité, que beaucoup moururent et que les survivants furent dépouillés de leurs biens. Cette Chronique parle de 1500 juifs mais on sait bien qu’il faut lire avec beaucoup de précautions les chroniques médiévales. Les spécialistes préfèrent établir leur estimation à partir des registres d’impositions même s’il y a toujours une marge d ‘erreur. En tous les cas une estimation sérieuse pour les années 1464 à 1482 tourne autour d’une vingtaine de familles, chiffre à comparer avec les populations juives des autres villes de Galice par exemple Ourense, 500 juifs sur 2000 à 3000 chrétiens. Le quartier de la Judería est assez bien délimité grâce aux actes de vente conservés au Monastère de Santo Domingo : en fait il y avait un axe principal, la rue de la Juiverie qui allait de la Plaza Mayor à l’Église de la Magdalena. On sait aussi où s’élevait la synagogue sur la même rue.
Une autre source importante de documentation pour la vie quotidienne se trouve dans les archives de la noblesse et en particulier dans celle des Sarmiento de Ribadavia qui employaient des juifs. Ainsi Abraham de Leon bien connu grâce à des textes de 1432 à 1477. A Ourense on le sait marié et se consacrant à la collecte des impôts et aux activités de prêts. Il jouit de la considération des habitants de la ville. On le cite même accompagné du titre de noble personne. En 1453 nous le retrouvons à Ribadavia toujours collecteur d’impôts mais aussi majordome du Comte Santa-Maria, seigneur de Ribadavia : majordome c’est en fait le représentant personnel du Comte et le responsable de sa maison du point de vie financier et administratif.

Juda Pérez (circa 1423-1488) est originaire d’Astorga où en 1456 n’ayant pu fournir les garanties demandées, il perd sa charge de collecteur des impôts et taxes de l’archevêché.
Mosé Pérez, circa (1483-1489) lui aussi se met au service de la noblesse galicienne de Ribadavia et d’Ourense.

Nous trouvons dans les archives locales les traces d’un procès qui opposa Mosé Pérez au comte Bernardin  Sarmiento, lequel cherchait à s’emparer de ses biens et à annuler un contrat de collecte d’impôts avant le délai fixé.

Bien entendu en 1492 le décret d’expulsion s’appliquera en Galice sans que l’on sache avec précision la destination de l’exil, vers le Portugal très proche et/ou vers L’Afrique.

Plusieurs documents et une excellente bibliographie complètent ce beau travail.

Charles Leselbaum

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