Libro de los testimonios los sefardies y el Holocausto - Salvador Santa Puche

En Espagnol, Livre des témoignages : les Séfardis et l’Holocauste, 2003
Sephardi Federation of Palm Beach County, Edité à Barcelone, 242 pages
ISBN 84 607 87 97 4

Salvador Santa Puche s’est attelé à une lourde mais passionnante tâche, celle d’écrire en 4 volumes l’histoire des séfardites et de l’Holocauste. Son premier volume publié sous les auspices de la Sephardi Federation of Palm Beach vient de paraître. Il est consacré essentiellement à la présentation générale de la communauté grecque à la veille du génocide, à une chronologie très précise et à une abondate bibliographie, puis viennent 11 témoignages très émouvants de rescapés.1 Dans son, prologue Michaël Halevy, de l’Université de Hambourg met en relief les inestimables documents rassemblés par l’auteur et qui rendront aux victimes “leur honneur volé par les Nazis”. Il cite cette phrase d’Abraham Abulafia : “il n’y a pas de chose au monde plus grande qu’un soupir de remerciement” auquel nous nous joignons très chaleureusement car un recueil en espagnol de ce type c‘est presque inédit… pour l’Espagne. 

Salonique en 1930 c’est 40 synagogues et presque 60.000 juifs… et notre auteur retrace avec précision la montée du nazisme dans la ville et les liens quelquefois sulfureux entre le Grand Rabbin Korets et son comité composé de juifs de langue allemande imposés par les nazis et leurs collaborateurs grecs. Il y a là des points sombres non encore élucidés complètement…

Dans la partie des témoignages les récits sont bouleversants. S’ils nous donnent une petite idée de leur enfer, ces rescapés montrent d’une part la réalité de ces camps de la mort par le gaz ou par le travail épuisant avec les bassesses et les actes de courage, la solidarité des “Grecs” faite de cette appartenance à une même culture par le biais d‘une langue inconnue des Allemands mais aussi des juifs askenazes. On est aussi abasourdi par ces hommes et ses femmes qui souvent ont caché pendant de longues années à leurs enfants les souffrances endurées et par leur merveilleux amour de la vie. 



Nous attendons les volumes suivants avec impatience parce qu’il est grand temps de mettre par écrit pour la postérité et pour la mémoire ces tranches de vie et de mort. 

N’oublions pas qu’il aura fallu attendre le 24 mars 2003 pour qu’une plaque du souvenir vienne s’ajouter aux 20 plaques dans toutes les langues qui, a Auschwitz-Birkenau pour remémorer l’holocauste sefardi :

Ke este lugar, ande los nazis
eksterminaron un milyon
I medyo de ombres
De mujeres i de kriaturas,
La mas parte djudyos
De varyos payizes de la Evropa
Sea para syempre,
Para la umanidad,
Un grito de dezespero
I unas sinyales.
Auschwitz-Birkenau
1940-1945

Charles Leselbaum



Quien quiere a la roza non mire al espino


"Celui qui veut la rose ne regarde pas les épines"

Jesus Cantera, Diccionario Akal del refranero sefardi


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