Maguen Escudo

En espagnol, Caracas 2003
http://www.aiv.org
ISSN 0798 1961

Maguen Escudo revue du Centro de Estudios Sefardies de Caracas nous a fait parvenir ses trois derniers numéros 127/128/129 de 2003.Ils sont toujours très bien présentés et très riches de contenus.

Malheureusement l’espace nous manque pour rendre compte de tous les articles de culture séfardi qui montrent bien le dynamisme de ce centre animé par les familles judéo espagnoles de Tanger, Tetouan et du Maroc en général. Dans le n° 127 on retiendra les articles, fruits du colloque” La España de las tres culturas, impacto de la expulsion de judios y moriscos”.

Luce Lopez Barralt professeur de littérature espagnole de l’Université de Puerto Rico nous expose “la matizada occidentalidad de España, huellas arabes y hebreas en la cultura sefardi” avec une série de notes et une bibliographie très à jour.Atanasio Alegre, professeur des Universités du Venezuela se penche sur “los criptojudios españoles, una comunidad amurallada”. Son but est” me propongo revisar los fundamentos sobre los que se gesto la simbiosis que convirtió la presencia del criptojudaismo en una de las fuerzas mas extrañadamente persistentes en el tiempo y dentro del ámbito espanol”.  “Je me propose de revoir les bases sur lesquelles s’est construit la symbiose qui a transformé la présence du criptojudaisme en l’une des forces les plus persistentes dans le temps et à l’intérieur de la pensée espagnole”Il rappelle la définition donnée par Camilo José Cela,Prix Nobel de littérature  lors de l’une de ses dernières conférences “ L ‘Espagne  est le produit de la coexistence,de la lutte , de la destruction réciproque et de la fusion de trois races et de  trois religions “.Alberto Osorio Osorio, professeur de Philosophie et d‘Histoire de l’Université nationale du Panama, descendant de la communauté Mikvé Israël de Curaçao, dresse le tableau “Judaïsmo y criptojudaïsmo en el Nuevo Mundo” et conclut” Es imperioso continuar con denuedo la pesquisa historiográfica para dar a conocer y valorar la herencia de los judios y judeo conversos en el alma y las gentes de nuestra America. Sin ese factor quedaría incompleta la aproximación a la historia y estaríamos en deuda de justicia y gratitud con la memoria de nuestros épicos padres y madres sefardíes” “Il est indispensable de continuer les recherches historiographiques pour faire connaître et mettre en vakeur  l’héritage des juifs et des conversos dans l’âme des peuples d’ ‘Amérique.Sans cela notre approche de l’histoire serait incomplète et nous aurions une dette de justice et de gratitude envers  la mémoire de nos héroiques parents”  Jacob Carciente ancien président du Centro conclut le colloque avec “la diaspora sefardi, de un mundo creado a un mundo encontrado”. Il fait un tableau de la diaspora du Nouveau monde et s’attache à montrer qu’après toutes ses vicissitudes on peut penser qu’elle cesse d’exister  avec la création de l’Etat d’Israël en 1948.




Dans le n° 128 il faut signaler des articles très. passionnants Anita Novinsky qui a beaucoup travaillé sur les juifs de langue portugaise (Portugal et Brésil) étudie  “Marranos y marranismo un nuevo enfoque” Elle examine  ce phénomène au Brésil où la bibliographie reste assez restreinte. L ‘article et ses notes permettent d’avancer notre connaissance dans ce domaine. Leandro Rodriguez nous parle de los “Judios de Zamora en el camino del Quijote”, thème repris dans le n° 129 avec une série tournée vers Cervantes et le Quijote.

 “El Quijote judío y el Quijote profeta de Moises” par Moises Garzon Serfaty.  “Era Cervantes un converso ?” de Maria del Carmen Artigas. A travers une étude du langage : “Por lo tanto, por medio del lenguaje conjetural, Cervantes comunica a la posteridad su verdadera identidad. Nadie que no hubiera sido un verdadero judio podia haber hecho jurar a su personaje por la unidad divina”C’est pourquoi, avec le langage conjectural Cervantes communique à  la postérité sa véritable identité.Personne d’autre qu’un véritable juif  n’aurait pu  faire jurer son personnage sur l’unité de Dieu”.

A côté de ses articles de fonds généralement consacrés à la culture sefarade, la revue n‘oublie pas les échos et les nouvelles de l’Association Israëlite du Venezuela qui regroupe toutes les communautés juives de Caracas ainsi que des nouvelles du judaisme mondial par exemple “El Yom Kipur de Franz Rosenzweig en 1913,”  ou bien “el concepto de El fin de los tiempos” ou encore “Maimonides, un pensador osado”.
Signalons également l’article consacré à Mevorah Florentin, une figure exemplaire.  Né à Thessalonique  en 1891 et qui eut un destin étonnant: à 7 ans il perd l’usage d’un oeil à cause d’un décollement de la rétine .Celà ne l’empêche pas d‘ aller étudier à Paris .Il se marie à Thessalonique avec Henrieta Haïm mais finit par perdre totalement la vue. Il part alors  pour le Venezuela     où sa femme couturière a été appelée pour réaliser les costumes  d‘une compagnie d‘opéra.. Il ouvre un magasin au centre de Caracaset repart à Paris pour apprendre le Braille De retour au Venezuela où sa femme fait de la haute couture il décide de venir en aide à tou ceux  qui comme lui ne peuvent voir.Il est le fondateur de la société d‘aide aux aveugles avec quelques coreligionnaires.Il se consacre alorspleinement à cette activité, obtient à Paris les diplômes qui lui permettront de devenir professeur de cette  institution  jusqu’ à sa mort en 1966  Il aura ainsi déployé une intense activité en faveur des aveugles de toutes confessions  de son pays d‘adoption .

                    Charles Leselbaum
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