Les noms des juifs de Tunisie par Paul Sebag (suite et fin)

Les Noms des Juifs de Tunisie par Paul Sebag. En annexe “Les noms des Livournais”
2002 L’Harmattan - 171 pages. ISBN : 2-7475-2595-3
 
Nous poursuivons ci-dessous l’importante étude sur les noms des juifs de Tunisie, dont les premiers volets ont déjà suscité l’intérêt de nombreux lecteurs. Cette étude qui comprend, mais va bien au-delà du seul commentaire du livre de Paul Sebag, s’achève dans ce numéro.
Noms d’autres origines

  • Brandon. Ce nom aurait pu être trouvé dans la liste des noms juifs de Curaçao publiée à ma thèse, p. 208. La forme portugaise à Amsterdam est Brandão. Brando signifie en portugais, doux, mou ou tendre (cf. français “blandices”). Blando est l’équivalent espagnol.

Brunswick, Goldschmidt, Hertz, Klein, Lehman, Loew, Schweke, Schwartz, Weil, Wolf, Wolinski. Noms ashkénazes.
 
Les Juifs originaires d’Allemagne et d’Europe de l’Est - sauf les Roumains - intégraient à Tunis, jusqu’au XIXe siècle, non pas la communauté livournaise, mais la communauté tunisienne.1 Les choses changèrent après le Protectorat quand des ashkénazes, certains de grande culture, installés à Tunis ou de passage, demandèrent leur rattachement à la communauté des Livournais. Mais sauf exception, ces ashkénazes, qui ne participèrent jamais à la direction de la communauté, se mêlèrent peu aux familles livournaises comme l’admet Sebag, et n’exercèrent aucune influence sur leur mentalité.

  • Crémieux, Carcassonne, Mossé. Il en est autrement pour ces familles comtadines que l’histoire avait mêlées étroitement aux Portugais. À la veille de la Révolution les Comtadins avaient tenté, pour jouir de leurs privilèges, de s’intégrer aux communautés portugaises de Bordeaux et Bayonne. Celles-ci repoussèrent leur démarche. Par contre lorsque des Livournais de Tunis et de Livourne (Arias, Attias, Bembaron, Boccara, Brudo, Cansino, Castelli, Angelo Coen, Constantini, de Paz, de Segni, de Silva, Daninos, Darmon, Dias Santillana, Castelli, Duran, Gozlan, Huziel, Israel, Lumbroso, Montefiore, Racah,2 Salom, entreprirent de créer à Marseille en 1780 une communauté dite portugaise, ils y accueillirent les Comtadins dont plusieurs avaient des parents à Livourne. Les Livournais, contrairement aux Bordelais, avaient toujours suivi une politique d’ouverture. La primauté livournaise dans le milieu portugais était rappelée dans les statuts. Ils prévoyaient que la nouvelle communauté se référerait en tout aux usages de Livourne adoptés “par toutes les communautés portugaises de France” et que notamment l’espagnol en serait la langue. Comment dès lors croire en l’extinction de l’identité portugaise chez des Livournais de Tunis qui, à la fin du siècle, l’imposaient à des Français, sur le sol même de France ? Les Comtadins réalisaient leur rêve : devenir Portugais, comme Michel Boujenah dans un joli sketch rêvait d’être Bourguignon. De grandes familles tunisiennes furent intégrées à cette nouvelle communauté marseillaise et notamment les Bellaïsche, Bismut, Lamy, Semama, Tubiana.3 C’est dire que les Provençaux se mêleront aux Livournais (des Carcassonne devenant des Carcassona !), certains venant même à Tunis. Quant aux familles tunisiennes de Marseille, elles n’intégrèrent pas, à leur retour à Tunis, la communauté livournaise, mais initièrent une ère de mariages mixtes qui les en rapprochèrent sur le plan des mœurs.

J’ai écarté les Narboni car le nom n’est point français mais celui d’Espagnols d’origine française. Eisenbeth cite un Moïse Narboni de Perpignan au XIVe siècle. À cette date Perpignan était en Catalogne et avait reçu des réfugiés français. Dans cette rubrique nous avons donc au moins deux noms ibériques.

Identité quantitative ?

Voilà donc au moins des erreurs certes nombreuses, soit matérielles, soit liées à la complexité des sources. Qui n’en commet, y compris le grand Eisenbeth (Abecassis venant de Cassis… Benveniste d’Italie…) ? Mais ici toutes confluent dans le sens d’une théorie comme négatrice d’identité que l’auteur, depuis quelques années déjà, partageait avec d’autres, et dont, semble-t-il, contre toute évidence, il aurait du mal à se défaire. Nous venons de démontrer qu’à Tunis, le nombre de Livournais d’origine ibérique était bien largement majoritaire. Ce ne sont point en effet à 61 noms sur 187 (chiffre de Sebag + Arditi) que s’élève le nombre de ces derniers, mais déjà, de façon certaine, à 107 sans compter les nombreux noms litigieux pour lesquels j’évoque des hypothèses plausibles, me gardant bien d’affirmer et de statuer. On ne peut donc dire que les 80 noms restants soient tous d’une origine autre, si bien qu’en évaluant les noms “ibériques” à 57 % - dépassant de 23 points le quota de Livourne en 1809 - nous sommes bien en deçà de la vérité. Encore ce coefficient porte-t-il sur des noms, et non une population, sans tenir compte du fait que les membres des familles traditionnelles, telles les Boccara, Bonan, Cardoso, Enriquez, Lumbroso, Valensi, se chiffrent par centaines, contrairement à d’autres, et qu’un décompte individuel, plutôt que par nom, ferait apparaître plus de 80 % de personnes portant un nom d’origine ibérique. Les chiffres ne reflètent pas non plus le poids ni l’influence économique et sociale.4 Nous avons vu aussi que les familles tunisiennes intégrées dans la communauté portugaise étaient en nombre infime.

Mais ni l’onomastique ni les chromosomes ne font les identités. L’empreinte du noyau dirigeant sépharade sur l’ensemble des Juifs intégrés (agregati) à Livourne était telle jusqu’après le milieu du XVIIIe siècle que, pouvait dire Toaff, Volenti o nolenti, tutti sefarditi. C’est ce qui explique que des Finzi,5 des Calò, intégrés dès le XVIIe, Cesana, Morpurgo, Forti, Disegni,6 au XVIIIe, aient continué jusqu’au début du XIXe à Tunis à utiliser l’espagnol, s’alliant régulièrement à des familles sépharades dont rien ne les distinguait ; ainsi les Montefiore, nom italien, comptent dans leur arbre généalogique des Lumbroso, Mocatta et Medina. En Angleterre ils sont Portugais. Enfin ces familles se sont expatriées dans toutes les zones hispanophones de leur monde tels les Allatini, les Morpurgo à Salonique, les Cesana à Smyrne. Des dizaines de Forti, Finzi, Calò, Morpurgo ont fait souche à Amsterdam, y restant lusophones. Des Finzi à Gibraltar. Des Ottolenghi s’inscrivent dès le XVIIIe siècle aux synagogues portugaises d’Amsterdam et de Londres.


 

Les anciens noms

L’auteur part d’un principe : les noms hispano-portugais de Tunis concerneraient essentiellement des familles présentes depuis le XVIIe siècle. Ayant rencontré certains noms en 1640 ou en 1686 dans l’ouvrage de Grandchamp, et retrouvé certains d’eux au XIXe siècle, il en déduirait qu’ils n’auraient jamais quitté Tunis et, à la longue, auraient abandonné leur culture pour “s’arabiser”. Ce raccourci est à écarter. La plupart des personnes citées par Grandchamp de 1614 à 1640 ne se trouvaient sur la place que pour leurs affaires et non à demeure. Nous avons démontré que la plupart d’entre elles se retrouvaient à Livourne à des périodes postérieures, y remplissant des fonctions publiques. On s’accorde à dire que les 27 signataires en 1686 d’une reconnaissance de dette au profit du Consul de France formaient l’essentiel de “la Nation” qui venait ainsi de se constituer.
À propos d’une famille que j’ai bien étudiée, les Guttières Penha de Livourne et d’Amsterdam, la démonstration m’est facile. On voit à Tunis vers 1686 la firme Abram Guttieres et Benjamin Gomes Davila pratiquer des opérations commerciales. Ces personnages sont connus, il s’agit de deux beaux-frères. Abram, par ailleurs médecin, vit entre Amsterdam - où il était à la même époque parnas de la communauté et membre de l’Académie Littéraire Los Floridos - et Livourne - où il sera chargé en 1703 de la réorganisation de l’aide médicale gratuite aux indigents. Il y est l’un des trente gouvernants de la Nation en 1693. Il n’est donc nullement établi à Tunis. Le testament en langue espagnole, en juin 1652 à Livourne, de sa mère Rachel alias Gracia Guttieres Penha née Fernandes Caseres nous révèle que le père d’Abram est Jacob, alias Pedro, et les jeunes frères, Isaac et Moises. Moises aura un fils Jacob que l’Inquisition romaine arrêtera pour apostasie en 1730 sur la dénonciation de son propre frère revenu au catholicisme sous le nom de Paolo Antinori. Jacob fut libéré sur intervention du Grand-Duc Gaston. L’étude des index des actes de naissance de la communauté de Livourne révèle que Jacob eut pour fils un autre Moisè Guttieres Pegna, père d’un autre Jacob. Elia Guttières Pegna, né en 1795, est le fils de ce dernier, donc l’arrière-petit-fils du Jacob de 1730. Il s’implantera à Tunis en 1828, alors que sa femme et ses premiers enfants s’y étaient rendus dès 1827. Les registres des émigrations vers la Tunisie le précisent. Ils retrouvent sur place des cousins présents depuis la fin du XVIIIe siècle, branche aujourd’hui éteinte. Dire que ce Elia et ses enfants se seraient “arabisés” à partir de cette date, ou auraient attendu l’arrivée d’ “Italiens” pour “s’italianiser”, défierait toute logique. Les deux fils aînés d’Elia, Giacomo et Angelo, furent membres de la Commission financière internationale de tutelle des Finances tunisiennes comme représentants italiens en 1869. Angelo fut député des Italiens de Tunisie et leur jeune frère Guglielmo, Directeur des Douanes, fonction qui lui fut conservée sous l’administration française. Est-il besoin de souligner que tous pratiquaient l’italien, le français et l’arabe ? Leurs grand-parents avaient pratiqué l’espagnol et le portugais comme leur cousin Isaac Guttières, Président de la communauté d’Amsterdam qui, à la fin du XVIIIe encore, correspondait avec Isaac Pereire en espagnol. À Livourne le portugais ne cessa qu’en 1787 d’être langue judiciaire. Mais surtout Elia ni ses enfants, ne pouvaient oublier que son propre arrière grand-père avait été prisonnier de l’Inquisition. Le passé marrane de la famille, loin de figurer quelque mythe ancien, restait inclus dans leur identité particulière, et ils en étaient fiers, malgré leur sincère patriotisme italien. Toutes ces familles avaient gardé des traces de cet ordre, notamment les Attias, Boccara, Cardoso, Cassuto, Enriquez, Franco, Lumbroso, Medina, Molco, Moreno, Nunez, Sacuto, Soria, Medina, Vais, Valensi, familles dirigeantes et cultivées.

L’un des intérêts de ce testament est qu’il renseigne sur les familles alliées, permettant même des recoupements avec des sources telles que “la relation généalogique d’Immanuel Aboab” (op. cit.). Nous y apprenons que Rachel Guttières-Pegna née Fernandes Caceres est fille de Beatriz de Fonseca et que ses sœurs ont épousé l’une Abraham Nunez Sierra, l’autre Jahacob Zacuto auxquels elle a apporté des capitaux. Elle a aussi placé des fonds auprès d’Abram Athias, marchand et notable de Livourne, dont naîtra vingt ans plus tard le futur humaniste rabbin-médecin Joseph Attias. La relation d’Immanuel Aboab nous permet de découvrir un lien de parenté entre Rachel Guttières et Abram Athias. En effet Immanuel Aboab de Fonseca ayant interrogé un de ses cousins de Livourne sur ses homonymes de cette ville, celui-ci lui répondait que os Athias de aquì étaient apparentés aux Fonseca. On sait que Caceres est un alias de Carvalho, famille de marchands d’Amsterdam et de médecins-rabbins livournais de Tunis. On voit donc s’étendre le tissu de parentés entre les deux pôles de l’occident sépharade, Amsterdam et Livourne, donnant son sens à une expression classique chez les Livournais du XXe siècle : nostre famiglie, l’une des clés de leur identité. Presque toutes ces familles étaient représentées à Tunis au XIXe siècle. Presque toutes les grandes familles de noms italiens leur étaient alliées. Qu’elles aient substitué l’italien à l’espagnol au début du XIXe siècle a-t-il effacé leur identité ? Les “Portugais” de Bordeaux et Bayonne, quand la Révolution les traitait séparément au moment de l’émancipation de 1791, ne parlaient plus tous l’espagnol. En perdirent-ils aussitôt leur identité, leur endogamie ? Les Juifs tunisiens de France de la deuxième génération, francophones, cessent-ils de se sentir “tunes” ? Ce serait faire fi de la mémoire historique collective même inconsciente, bien plus vivace que la mémoire individuelle. Des dizaines de Juifs tunisiens qui ont une lointaine ascendance livournaise m’interrogent sur celle-ci. Elle compte donc bien dans leur identité. Quand Raymond Valensi, en 1941, alors quasi centenaire président de la communauté - avec une arrogance que n’améliorait pas le grand âge - invoquait naïvement auprès du Résident Général, pour contrer les menaces de dissolution de celle-ci, “la fière allure des Portugais” (sic), il y avait quelque réminiscence du rapport de l’ambassadeur de Venise à Amsterdam au XVIIe siècle, qui, décrivant alors les notables de la Nation Portugaise, commentait : “Ils ont fière allure.”7
La Nação Portugueza
 
On a dit aussi -mais où l’a-t-on pris ?8 - que l’appellation “Nation Portugaise” serait erronée comme apparue tardivement lors du Protectorat, en 1881, pour complaire aux autorités françaises. Avrahami a réfuté cette légende en montrant - dans un article que pourtant Paul Sebag cite lui-même - que l’appellation est fort ancienne et d’origine.Il suffit de voir que les copies des Ordonnances somptuaires de 1726-1759 publiées par lui s’intitulent : Copia de Las Escamot quitada del Libro antiguo de nuestro Kahal de Portugueses Tunes. Le mémorial qu’il étudiait avait pour titre, dès l’origine : Livre des Mémoires de la Sainte Communauté Portugaise que D. la garde et la protège (traduction par Avrahami).

 Les Tunisiens utilisaient le même terme, ainsi dans des responsa du 20 juillet 1741 qui rappelaient : “les voyageurs originaires des villes du royaume d’Edom relèveraient de la communauté des Portugais”.10 Dans leurs lettres de 1728-1730 à leurs collègues de Livourne, les dirigeants de la Communauté Portugaise de Tunis Joseph Mendes Ossuna, Moseh de Abraham Franco et Abram de Isaque Lumbroso s’intitulaient Masares (lusitanisation du mot italien Massari) de la Naçaò Portugueza de Tunes. Ces lettres étaient rédigées six fois sur dix en portugais et quatre fois en espagnol, mais même dans ces dernières le terme portugais Naçaò subsistait.11 Bien sûr, il n’avait pas à l’époque, pas plus qu’aujourd’hui, le sens moderne que lui a donné la Révolution. Ma thèse l’expliquait pp.11-12.

La langue

Ishak Avrahami a reçu avant même ma soutenance le manuscrit de ma thèse, a lu mes commentaires sur ses propres travaux, m’en a félicité. Je n’oserais trouver là partielle explication à l’évolution de ses propres analyses. Ainsi la disparition de l’espagnol au profit de l’arabe est une idée qu’il abandonne, écrivant au contraire :  “L’espagnol est la langue du passé, du souvenir ; l’italien est devenu la langue de l’avenir au XIXe siècle, la langue “nationale” des Livournais, l’hébreu dans le domaine juridique et rabbinique, et le judéo-arabe est la langue du quotidien que nombreux lisent et tous comprennent.” Pour la prétendue “arabisation”, Avrahami écrit : “trois siècles et demi de “vie mitoyenne” à partir du XVIIe siècle ne les assimilèrent pas, ils surent conserver jalousement leur autonomie.”

L’espagnol est encore utilisé dans les contrats. J.-M. Filippini a publié un contrat rédigé en espagnol et signé à Tunis par Sigr Eliau Attal, mandataire de David de Montel, de Livourne, avec treize marchands en 1779.12 Ces marchands sont Bizis, Coen, Zardi, Catan, Sacuto, Semama, Mareh, Levi, Enriques, Boccara, De Pas, Halchaique, Tapia. Certains sont Tunisiens, d’autres Livournais. Que le Livournais de Livourne ait choisi pour mandataire un Tunisien, Attal, que Tunisiens et Livournais collaborent à la même opération commerciale, cela révèle des rapports meilleurs qu’il n’est d’usage de les décrire. La langue adoptée montre que l’espagnol est encore pratiqué non seulement par les Livournais de Tunis, mais par des marchands tunisiens. Le contrat est traduit en italien à Livourne par un Judah Frosolone. Au même article Filippini publiait un contrat de société souscrit à Tunis en langue espagnole en 1782 par onze associés tous Livournais de Tunis.13 Tout cela aide à comprendre que ces Tunisiens étaient prêts à suivre leurs amis livournais dans la création d’une communauté “portugaise” à Marseille en 1780, adoptant la langue espagnole, ce qui eût été absurde si l’identité “portugaise” avait disparu de Tunis. Si l’italien s’imposa progressivement à la faveur des bouleversements qui suivirent, tout cela n’avait pu avoir complètement disparu, en 1880, des mentalités.

Lionel Lévy
 
1  Responsa Rabb. David Bonan et Yeouda Halevy, oct. 1840, reproduite in L. Lévy, op. cit. p. 359ss. n 13. Le mot hébreu Edom ne couvre pas toute l’Europe, mais seulement celle incluse dans l’ancien Empire romain, m’a expliqué Gérard Nahon.
 
 2 Il s’agit de la branche de Livourne venue d’Égypte au début du XVIIIe siècle via Venise.
 
3 cf Hildesheimer cité par L.L. op. cit. p. 310. Peu après, en 1802, la maison Bellaïsche et Tubiana transférait à Marseille son siège social précédemment fixé à Tunis.
 
4  L. Lévy, op. cit. pp. 131-135 montrant que la quasi totalité
des dirigeants communautaires 
en 1895 étaient d’origine ibérique.
 
5 Chez Giorgio Bassani, le type du “Portugais” arrogant et aristocrate est un Finzi Contini (Il Giardino dei Finzi Contini).
 
Un Aaron Disegni, intégré à Livourne y fut assassiné en 1687  (Toaff, op. cit . p. 230).

7 Cf. l’intéressant et très riche article de Elia Boccara à la Rassegna Mensile di Israel, “La comunità ebraica portoghese di Tunisi (1710-1914), LXVI, 2, 2000”.

8 Peut-être dans le rapport en 1995 de Victor Cattan, futur bâtonnier, alors conseil du Grand Rabbin Eliaou Borgel et jeune avocat qui semblait mal maîtriser l’histoire des Portugais.

9 Dans sa “Contribution des sources internes hébraïques, judéo-arabes et arabes à l’histoire des Juifs de Tunisie”  (in Rassegna Mensile di Israel, Rome, Vo L, 3e série, 1984, p.726),  Avrahami précise bien que l’appellation “Portugaise” est ancienne et non point adoptée pour ne pas irriter les Français, “comme on pourrait le prétendre et le croire.”   Tels sont intitulés
notamment les Registres Matrimoniaux de la Communauté juive portugaise de Tunis aux XVIIIe et XIXe siècles, publiés
par Robert Attal et Joseph Avivi. Citant dans leur deuxième volume la thèse d’Ishaq Avrahami, ces auteurs veulent bien rendre justice à mon analyse : “Lionel Lévy en a fait une excellente analyse dans la Revue des Etudes Juives, 1997, pp. 393-400”. 
 
10 Reproduit à L. Lévy,
op. cit. p. 353 ss.

11Arch. comm. isr.  de  Livourne, Filza de Cartas n°48-49, inédit. Naçaò avec accent sur le ò est l’orthographe archaïque. On l’écrit aujourd’hui Nação avec tilde sur le ã.

12 In Nuovi Studi Livornesi, 1999, Vol VII, p. 147.

13 Il s’agit de Salamone Enriches et Fils, Joseph Franchetti et Fils, Salamon Zevi et fils,  Abram Cohen de Lara et Fils, Isaac Enriches et fils,  Abram Enriches et fils, Isach et Abram de Mordekhay et Fils, Isach Franchetti et Fils, Abram Nunes et Fils, Raffaelo Enriches et Fils,  Isach di Salamon Enriches et Fils. Le texte est traduit en italien par Jacob Spinosa. Qu’il me soit permis de le rappeler : dans son rapport de thèse, mon maître Gérard Nahon avait conclu : “Pour la langue, M. Lionel Lévy m’a convaincu.”
                                                                                                                                                                                     
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