El kurtijo enkantado, Kuentos i konsejas del mundo djudeo-espanyol - Matilda Koen-Sarano

Bilingue : judéo-espagnol et hébreu, La cour enchantée.
2002 - Nur Afakot, 131 Dérekh Hevrón, Jérusalem 93426
Fax 972 26 71 25 27, 400 pages - Sans ISBN

Tranquillement, et avec une jeunesse éclatante, Matilda poursuit son travail de recueil et de publication de contes classés par thèmes, tout comme dans son ouvrage précédent.1

Le livre, de présentation attrayante (illustré par un talentueux garçon de treize ans, Idán Hanegbi) commence par un précieux vocabulaire de quatorze pages expliquant les mots les moins répandus et indiquant leur origine avec des nuances raffinées qu’on ne retrouve pas ailleurs : espagnol antique ou classique, araméen, turc persan ou turc ottoman, hébreu, arabe etc… A noter l’explication de formes un peu marginales, populaires du langage parlé ramenées au mot clé : tamién renvoie à también, zmayó renvoie a desmayó. Cette explication est utile dans la mesure où les récits, enregistrés sur bandes, sont restitués au plus près du langage effectivement parlé.

L’avant-propos se poursuit, comme chaque fois, par la liste des informants comportant quelques détails biographiques (d’après les indications, rares sont ceux qui connaissent moins de trois ou quatre langues…).2

Bien entendu les thèmes abordés sont les grands classiques des contes : “Du temps des rois, être juif, jours de noces, après la noce, amis et voisins, parents et enfants, le monde juif, moments de vérité”, et pour clore : “choses de l’autre monde…”

De la section “jours de noces”, ne résistons pas à rapporter cette histoire éternellement classique de mère juive (page 217) :

Komo la madre

Una vez avia un manseviko ke estava bushkando novia. Traía una blonda, dezía la madre : “Eh ! esta no es buena, ésta es surtuka (volage), no la kero”. Traia otra, morena “Addió, ésta ! Vas a traer inyetos kushis (de teint foncé, noirauds)”, traia otra “Djindjit ! (rouquine) Bar-minán, son muy inyervozas”

A kada una topava un defó.

Un día vino kon otra. Kualo estava esta mujerita, esta muchachita… entera mezma a su madre.
Vino el padre, disho

“Ah ! a ésta no la kero yo !”


(racontée à Matilda par Kohava Pivis en 1999)

Lisant au hasard des thématiques et des pages, on est frappé de la quantité, de la densité de sagesse millénaire incluse dans ces contes. Ils ont bien raison, les spécialistes des contes, de prétendre qu’il est plus d’expérience de la vie dans un recueil de contes que dans une biblio-
thèque de manuels !

Et de plaisir à lire, aussi  !

Jean Carasso

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