Zerstört die Erinnerung nicht. Der Jüdische Friedhof königstrasse in Hamburg - Michael Studemund-Halévy / Gaby Zürn

En allemand 
“Maintenir la mémoire. Le cimetière juif de la Königstrasse à Hambourg” 2002 
Dölling und Galitz Verlag Ehrenbergstrasse 62 - D 22767 Hambourg  - Tél. +49 40 38 93 515 
184 pages - ISBN 3-933374-41-3


       Inlassable est la persévérance avec laquelle Michaël Halévy s’est attaché à la mémoire des Sépharades de Hambourg, et ce récent livre en offre une preuve supplémentaire.

Il faut rappeler que le peuplement juif sépharade de Hambourg, comme celui d’Amsterdam, ne s’est pas effectué lors du premier exil massif d’Espagne en 1492 mais dans de successives petites vagues ultérieures, après 1497 lors de la sortie - pourtant interdite - des juifs convertis de force au Portugal et désirant à toute force revenir à leur judéité primitive, même si une ou plusieurs générations s’étaient écoulées depuis la conversion forcée.

C’est ainsi que tout naturellement, Michaël Halévy est devenu un spécialiste reconnu du judaïsme portugais, qu’il a étudié jusqu’à nos jours. Nous avons toujours suivi son travail avec intérêt.



       Dans ce volume, associé à Gaby Zurn, les deux auteurs, en des contributions communes ou personnelles éclairent divers aspects du judaïsme hambourgeois, Gaby plus spécialisée dans le versant achkénaze.

Ce cimetière de 8000 tombes, ouvert en 1611, a commencé très tôt à être étudié, avec ses inscriptions en hébreu, en portugais et en espagnol. Michaël Halévy a expliqué dans des ouvrages antérieurs, dont nous avons rendu compte, par quel miracle de persévérance et d’astuce les études et prises de photographies n’ont pas été interrompues par les pouvoirs publics nazis jusqu’au bombardement destructeur de 1943. Il s’agit de la plus importante archive sur le judaïsme local, achkénaze et sépharade, jusqu’en fin du XIXe siècle.

Les auteurs nous en tracent l’historique. Leurs explications sont illustrées de superbes photos.


Au passage sont évidemment cités les patronymes les plus célèbres du Séfardisme hambourgeois, que nous avons recensés dans la LS 39 à propos d’un autre livre de Michaël.1

Les tombes sont étudiées dans leur dimension informative, mais aussi épigraphique, artistique, allégorique, etc.

Le livre s’achève sur un certain nombre d’exemples d’inscriptions historiquement et familialement recadrées. En lisant cet article on a l’étrange impression que Michaël Halévy connait personnellement tous ces “cousins sépharades”, qu’il les a fréquentés, qu’ils font toujours partie de sa vie quotidienne, tandis que Gaby Zürn effectue une étude parallèle sur les Achkénazes.

Un très beau livre de mémoire !

Jean Carasso

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