Revue : Neue Romania

Neue Romania n°24 Revue de l’institut de philologie romane de l’Université Libre de Berlin 2001 - 120 pages Mme Almuth Münch Habelschwerdter Allee 45 D-14195 Berlin Fax 49 30 83 85 22

Judensphanisch V

Reçu il y a plus de huit mois, nous n’avions jamais eu l’occasion de commenter ce cinquième volume sur le thème “Judenspanisch/ Judéo-espagnol” d’une intéressante revue berlinoise que nous avons déjà évoquée pourtant.

Nous sommes d’autant plus heureux de le faire dans ce numéro qu’un article du responsable, Winfried Busse, évoque la situation actuelle du judéo-espagnol et les conditions de son enseignement. Or tel était l’objet du Congrès tenu à l’UNESCO évoqué dans les premières pages du présent numéro, au cours duquel Winfried Busse est intervenu.

Dans son article (écrit il y a déjà deux ans, en français, et ne mentionnant pas encore l’existence du site internet Ladinokomunita fondé ultérieurement) l’auteur s’interroge sur la réalisation d’un dictionnaire électronique interactif sur internet que chacun, linguiste ou non pourrait enrichir de sa propre expérience et se pose bien entendu les questions classiques : quelle orthographe ? quel judéo-espagnol, celui de Salonique ou celui de Sarajevo ? etc.

Le Congrès de l’UNESCO a volontairement mis entre parenthèse ces “questions qui divisent” au profit de propositions constructives, réalisables, plus généralistes. Crûment : si l’on attend que tous les linguistes concernés se soient mis d’accord sur les deux points ci-dessus entre autres, des cohortes de bonnes volontés constructives resteront en attente, en friche. La preuve en a été apportée à ce Congrès : tous les intervenants en judéo-espagnol (de Belgrade ou Salonique, de Paris ou Dallas ou Sofia) et leurs auditeurs se sont très bien compris entre eux, et le judéo-espagnol s’est avéré lingua franca en l’absence de l’anglais, prohibé, mais au même titre que le français. N’est-ce pas constructif ?



Alors, au travail !

D’autres articles intéressants sont à signaler, de la musicologue et talentueuse chanteuse Eleonora Noga-Kleinbort sur “La tradition orale sépharade en Amérique du Sud” (en espagnol).

De Richard Ayoun (en français) sur un personnage public juif dans l’Espagne musulmane : Hasdaï ben Chaprut (Jaen, env 915/ env 970), fils du célèbre Isaac ben Ezra. Un autre article du même auteur sur “Un second âge d’or pour les Sépharades de Salonique, de 1850 à 1917”.

Puis un conte en judéo-espagnol traduit en vis à vis en allemand, de Sara Golub- Konfino : Djente, tengo vizinas où les voisines de Sulutcha la tirent d’un mauvais pas.1

Jean Carasso

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