Musiques



KANTES DJUDEO-ESPANYOLES
del projekto folklor de Kol Israel
1



Il ne s’agit pas ici de la prestation d’un(e) artiste, mais au contraire d’un recueil d’enregistrements “de la première génération” c’est à dire de personnes n’ayant pas étudié, mais chantant spontanément, de mémoire, des chants de leur tradition familiale, entendus à la maison, et retenus.

Ce fut l’une des premières réalisations de la section judéo-espagnole de Kol Israël lorsque Moshe Shaul en prit la responsabilité : enregistrer des versions spontanées. La quantité recueillie dans la cadre du “Projet Folklore” dépasse 3000, et ce présent disque en a retenu 29 pour telle ou telle de leurs qualités.

Les chansons interprétées ici peuvent servir par la suite aux amateurs et professionnels de vivier dans lequel puiser des œuvres moins connues que celles habituellement entendues.

C’est de l’art brut, non décanté. Ces prestations - mais il n’est pas juste de les appeler ainsi - sont évidemment inégales sous l’angle artistique, mais l’implication personnelle des interprètes se sent. Il est curieux de constater que les hommes sont quasi aussi nombreux que les femmes (dans ce disque, mais cela peut procéder d’un choix assumé !) alors que la transmission spontanée et parfois séculaire de ces chants est passée par les femmes !

Sauf Berta Aguado, que nous avons entendue en concert à Jérusalem puis à Paris, où elle obtint un beau succès (en compagnie de Dora Gerassi) les autres nous sont inconnus. Mais l’on se prend à penser que Kobi Zarko par exemple aurait pu mener une carrière de professionnel. De même pour Avraham Altarats ou Palomba Aroh.

La vingtième interprétation est la cumulative et très réussie Ansina dize la muestra novia, bien enlevée, s’accélérant vers la fin.

La vingt-quatrième Estas mezas tan ermozas est la seule accompagnée d’instruments, par des membres du club bulgare Tiferet.

Le maintien de cette culture judéo-espagnole passe d’abord par le recueil de la tradition. C’est le matériau de base pour assurer une honnête et fidèle continuité.

Le présent disque assure bien cette fonction. Le livret offre évidemment tous les textes dans leur langue.



ES RAZON DE ALABAR2
Una aproximación
a la musica tradicional sefardí


Cette “approche de la musique traditionnelle sépharade” est très mystérieuse, on va voir pourquoi, mais dans la lignée du disque précédent.

Il s’agit de 36 extraits courts (entre une demie et quatre minutes chacun) de chants souvent du folklore sépharade - mais semble-t-il aussi d’un folklore espagnol - interprétés presque toujours a capella dans le style du disque précédent c’est à dire dans la tradition familiale.

L’insolite est que le livret ne porte que le nom du chant et sa durée, à l’exclusion de toute indication sur la provenance, la circonstance du recueil, le nom des interprètes etc.


PRIÈRE POUR LA VEILLE DU SHABAT3


Ce disque nous parvient avec un livret réduit à la photo des trois chantres et au nom des 26 prières chantées dont les titres sont écrits en judéo-espagnol (graphie turque) en serbo-croate (écriture croate) et en hébreu (+ hébreu en écriture latine)…

Peu de chose pour s’orienter ! C’est probablement une édition de Sarajevo ou Zagreb financièrement aidée par le JOINT. Elle se distingue plus par la prononciation sépharade des prières que par les qualités artistiques des chanteurs que nous ne sommes pas à même d’apprécier.

Pour  les deux pages “Musique”,  Jean Carasso
 
Notes :

1 Il s’agit d’une récente réédition en CD d’une cassette que Kol Israël avait produite il y a une dizaine d’années.
SEFARAD PO Box 8175 Jérusalem 91080 Israël Fax 972 25 79 03 86. judeospa@trendline.co.il

2 Communauté de Madrid, département “Education et culture”.

3 Yechiel Bar Chaïm, du JOINT nous a offert ce disque au printemps 2002, sans aucune indication de provenance ni de date.
Les chantres sont : Yishmael Asher, Yitshak Asiel et Yitshak Papo.
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