Musique : Kansyonero sefardi

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Marc Amouyal

Plusieurs écoutes ont été nécessaires pour se former une opinion sur ce disque assez contrasté.

En effet, quelques points forts sont balancés par quelques… anomalies.

Parmi les premiers, indiscutablement une bonne prononciation de la langue, un bon travail de réglage et de mise au point, un rythme sans défaut, trop régulier même.

Ce qu’on peut qualifier d’“anomalies” résiderait, sauf deux ou trois exceptions (n° 9) dans le poids trop prégnant de l’accompagnement, et son uniformité ne se pliant pas aux besoins du texte avec souvent des réminiscences de musique sud-américaine dont la présence ici ne s’impose pas.


Dans certains morceaux de la fin, le poids de la batterie devient mécanique, quasi “techno”, écrasant. Tout se passe comme si le rythme quasi constant de l’accompagnement était la donnée de base et le chant un épiphénomène, alors qu’au contraire la voix est belle et demande à être mieux mise en valeur !

Prenons des exemples.

La troisième, Adiyo kerida, une des plus classiques du répertoire apporte ici (après un départ un peu incertain) beaucoup de fantaisie mélodique bienvenue, mais plus de professionnalisme que d’émotion - qu’on ne sent pas percer - et de génie propre.

La quatrième, Porke yorash…heureusement introduite a capella se poursuit en instrumental sur rythme sud-américain à la percussion, un peu monotone.
La huitième, Arvolikos met en valeur la beauté de la voix de Marc Amouyal, mais l’accompagnement est lancinant, sans fantaisie.

La suivante, Une pastora est l’une des meilleures, par le violon bienvenu, et le rythme ternaire qui apporte un peu d’air dans la mécanique trop bien réglée, un peu de nuance et de douceur.

La onzième Los bilbilikos, grande classique est ici bien interprétée, alors que la douzième, aussi classique, Kuando el rey Nimrod l’est beaucoup trop rapidement, le rythme rigoureux étant préféré à l’expression du sentiment.

Le livret est bien présenté, avec le texte en judéo-espagnol et en français. A vous de juger…

Jean Carasso
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