Editorial : Qui l'aurait dit ?


Oui qui aurait cru, aurait seulement imaginé, pensé ou rêvé il a dix ou vingt ans, qu’en 2001 quinze Délégations nationales auprès de l’UNESCO, quinze pays, s’intéresseraient à la sauvegarde, à la promotion de notre langue et notre culture ?

C’est le début d’une longue marche, d’un long processus, d’un projet ambitieux, la reconnaissance par les instances culturelles internationales  de l’importance de notre langue judéo-espagnole porteuse de culture.

La première étape consiste à établir une sorte d’état des lieux : où en sommes-nous ? Où cette langue et cette culture sont-elles toujours vivaces dans le monde ? Où se trouvent encore des femmes et des hommes émus par la chanson Adiyo kerida, par un poème contemporain, par la dégustation d’une boreka de espinaka ou par la lecture du Kantoniko de Chochana dans La Lettre Sépharade ? Où peuvent-ils, doivent-ils être aidés pour prospérer ? Par quels moyens ? Comment ? etc.




C‘est ce que les experts délégués à Paris par chacun des quinze pays concernés auront à débattre en public, les 17 et 18 juin prochain, au siège même de l’UNESCO.

Le but est la mise en place sur dix ans de mesures appropriées.

Un premier succès recherché serait l’inscription par cet organisme international de notre langue et notre culture au “Patrimoine Oral et Immatériel de l’Humanité”. Il convient d’y travailler, les enjeux sont importants. Il est normal que La Lettre Sépharade soit concernée au premier chef par tout ce mouvement et y participe activement.

A votre tour, lecteurs de montrer votre intérêt pour cette initiative en assistant nombreux aux travaux, qui se dérouleront en français. Votre présence massive est une des clés de la crédibilité du projet. Il est évident que de nouveaux appuis apparaîtront si plutôt 300 que 30 personnes assistent aux débats et apportent leur contribution constructive, car le public sera consulté.
Dans le présent numéro il est question, réjouissons-nous, d’un nouveau manuel d’enseignement de la langue. 

La rubrique “Itinéraires exemplaires” est riche d’expériences personnelles et notre “historien maison” continue d’approfondir ses recherches sur le sort des Sépharades de France durant la période la Choah.

La rubrique musicale est particulièrement fournie.

La Rédaction
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