Musique : Romance & Yasmin

 2000 Adama music,  POB 5255, Tel-Aviv  www.adama-music.co.il
diffusé aussi par l'Autoridad Nasionala del ladino POB 2310 Jérusalem 91022 Israël durée 49 minutes.


Yasmin Levy

Dans le commentaire du double CD de chansons interprétées par son musicologue de père (voir LS 40) nous notions qu’Isaac avait plusieurs fois enregistré en duo avec son épouse, et la dernière du premier disque avec sa fille Yasmin, qui retenait l’attention.

Il est intéressant, à la suite, d’entendre ce premier disque enregistré par sa fille car on y sent à la fois des continuités mais surtout des ruptures.

Nous sommes sortis des interprétations traditionnelles que les jeunes interprètes ont peu connues et sommes entrés dans une sorte de re-création musicale, comme nous le notions en marge, page 19 du n° précédent.

Ce disque mêle de nombreux textes modernes nouveaux à des classiques dans une interprétation renouvelée, de caractère généralement oriental, assez caractéristique de ce qui se grave en Israël.


Débutant comme un long sanglot amplifié par un important écho insolite, la première Noches noches déroute mais installe bien dans l’ambiance nouvelle. Plusieurs des suivantes, modernes, ne nous sont pas connues. Yo’n la prizion nous conte une histoire plutôt peu morale et qui ne finit pas bien…, la quatrième est bien menée Ven kerida, ven amada, l’accompagnement restant très proche de la voix.

La cinquième Kondja mia et la dernière, cette berceuse classique Nani nani, chantées a capella, avec moins d’écho, mettent en valeur les qualités de l’interprète, sont plus humaines en quelques sorte : on l’y entend reprendre son souffle, vivre en somme, exposer sa belle voix dans son étendue, son talent, son tempérament qui ne sont pas minces.

La sixième, de caractère religieux Muestro Senyor Eloenu met en relief le talent, la conviction, le “coffre” aussi de l’interprète.

La suivante, Una ora en la ventana au tambourin lancinant, est très “tirée” vers la musique orientale, turque, mais l’histoire ne se passe-t-elle pas à Izmir ? alors c’est bien normal…

On retrouve dans la huitième Madre, si 'sto hazina ce qui frappait dans nombre d’interprétations d’Isaac le père : l’accompagnement par un grand orchestre, qui apporte une épaisseur inattendue, le violoncelle étant très bien venu. Si l’on accepte d’entrer dans le jeu, c’est notre préférée, sur un texte bien connu, ici aménagé :

- Mère, si je suis malade, je ne veux pas de médecin/Mère, si je meurs, je ne veux pas de rabbin/Je veux un cortège de douze gaillards menés par mon amour !

Le livret, en hébreu et judéo-espagnol
- quant au seul texte des chansons - ne nous renseigne pas sur les accompagnateurs, ne citant ni leur nom ni les instruments utilisés !

Jean Carasso
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