La mémoire sous la cendre

Une confession-témoignage
Spécialiste du marranisme, Haym Yossif Yerushalmi écrivait dans son “Le Moïse de Freud” :

“J’estime que la concordance entre l’individu et la masse est presque parfaite sur ce point. Dans les masses aussi l’impression du passé se conserve dans les traces amnésiques inconscientes”.

Depuis des siècles de telles traces habitent en effet l’inconscient d’une part importante des peuples espagnol et portugais. Notre amie Mathilde Gini de Barnatan, animatrice de l’émission culturelle Sépharade à Radio Madrid, avait recueilli de nombreux et touchants témoignages dont nous nous étions faits l’écho. Des hommes politiques espagnols, portuguais, brésiliens ont publiquement confessé leur origine de conversos. Mais ici, avec la confession de Violette Germanaud née Novo, nous avons affaire à une femme de la troisième génération de la diaspora espagnole républicaine en France, profondément intégrée à la France par sa naissance, son mariage, sa culture. Comment ce double barrage d’assimilation forcée puis volontaire dans les siècles aura-t-il cédé aux interrogations de plus en plus pressantes suscitées par une quête identitaire, sourde puis précise ? Nous vous livrons ce témoignage dans sa sincérité, nous dirions dans son émouvante nudité. Il nous aide à comprendre l’histoire et sa durée.




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