Revues : Sefárdica N°12 avril 2001 publication du CIDICSEF

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La Identidad Sefardí

Ce consistant numéro spécial de la revue célèbre son vingt-cinquième anniversaire. Aucun des numéros spéciaux thématiques édités jusqu’ici n’est indifférent et celui-ci ne déroge pas.

• L’article qui a dès l’abord attiré notre attention est un inédit de Michael Molho, qui fut rabbin de Salonique, érudit et auteur de nombre d’ouvrages, dont le In Memoriam qui prolonge après la guerre le monumental travail de Jos.
Nehama sur “l’Histoire des Israélites de Salonique”.

Quittant Salonique en 1950 Molho s’installa à Buenos-Aires comme rabbin du temple Chalom et mourut en 1955.

Le texte publié ici, un inédit sur la médecine à Salonique au travers des âges, a été offert à notre amie Hélène Gutkowski par un des intimes de Molho, Jaime E. Bortz “pour en faire le meilleur usage”. Le publier dans Sefárdica est une superbe initiative!

Il s’agit d’un beau survol synthétique, dont le fil directeur est celui-ci :

à l’exode de fin de XVe siècle, de nombreux médecins bien formés1 en Espagne et au Portugal, voire à Paris, arrivèrent à Salonique, auréolés d’une forte réputation et y formèrent des disciples (souvent leurs fils, d’où les lignées d’Uziel et d’autres).

L’été 1545 marqué par le grand incendie et l’arrivée de la peste fut catastrophique, mais la communauté s’en remet. La seconde partie du siècle est une période florissante pour les sciences et la médecine.2


       Au début du XVIIe siècle, les brillants médecins de la seconde, voire troisième génération formés au
Portugal se sont éteints. Les nouveaux départs plus ou moins clandestins de ce pays se font vers Amsterdam. La décadence, intellectuelle et économique commence dès la moitié du siècle,3 et la médecine se réduira bientôt aux soins par les plantes et les incantations (“los medicastros, medicuchos” et autres jeteurs de sorts et conjurateurs de mauvais œil).

Malgré l’arrivée de quelques juifs d’Italie, cultivés, l’obscurantisme se répand et la barre ne commencera à se redresser qu’avec l’implantation de l’A.I.U et la création de la faculté de médecine de Constantinople en 1840 où enseignèrent des maîtres français.4

• Parmi d’autres contributions, pas toutes exclusives, nous avons noté celle de Silvia Ruth Dulfano Los excluidos, fine, pertinente, “carrée” un peu trop rationnelle semble-t-il, sur la vision de la monarchie espagnole, un modèle de société homogène… Dans cette superbe construction postérieure, plaquée sur l’époque, définissant l’Autre, l’Exclus selon des critères divers, l’auteure semble attribuer cette exclusion à une vision préétablie par les monarques, et n’exprime nulle part tout simplement que monarchie et Église ne faisant qu’un, étant ontologiquement inséparables à l’époque, la “vérité” est dite par l’Église, et que l’Église exclut le juif comme “aveugle” et de même les musulmans, les convertis dont on ne peut pas savoir le degré de sincérité, d’où l’Inquisition!



• Mais où donc Maïmonide et sa famille vécurent-ils des années 1148 (s’ils quittèrent Cordoue lors de l’arrivée des Almohades, férocement antijuifs), à 1160 à leur arrivée à Fez?

C’est une vraie question que personne n’a pu résoudre jusqu’ici, ni même Jaime E. Bortz, l’auteur de l’article. Or si le RaMBaM est né en 1135 ou 1138 selon les sources, il a quitté à peine adolescent et pourtant, toute sa vie il se revendiquera comme Cordobés, Andaluz, Sefardí.

La famille se convertit-elle à l’islam pour survivre à Cordoue, hypothèse peu probable, ou se transporta-t-elle à Almeria, chrétienne dès 1147?

Après Fez en 1160, la suite de la biographie de Maïmonide est mieux connue.

• À noter encore l’article intéressant de Susana Likerman de Portnoy sur le changement de conduite chez trois groupes familiaux juifs (majoritairement) convertis pris comme exemples, après leur conversion postérieure à 1391 mais avant l’arrivée de l’Inquisition. Cette approche lui permet d’analyser les attitudes et relations entre juifs et convertis, entre restés juifs et chrétiens, et entre convertis et restés juifs. Approche originale.

Jean Carasso 

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