Jewish journalism in the ottoman empire and modern Turkey - Gad Nassi (éditeur)

En anglais. 2001 Journalisme juif et maisons d’édition dans l’Empire ottoman et la Turquie moderne. 36 pages de reproductions typographiques. Isis Press. Semsibey Sokak 10. Beylerbeyi - Istambul 81210 Turquie
Tél. 90 21 63 21 38 51 Fax 90 21 63 21 86 66  -  E-mail : isis@turk.net 167 pages.  -  ISBN 975-428-149-1
(voir en page 20)

Les deux maîtres d’œuvre de ce travail sont Gad Nassi et Rifat N. Bali, lesquels nous sont bien connus par l’énergie qu’ils déploient pour la défense et la promotion de notre culture. Les autres participants seront nommés plus avant.

Dans une certaine mesure, ce livre complète et recouvre partiellement celui de Rafaël Frezis que nous avions analysé dans notre livraison n° 37 en page 10 : “La Presse juive en Grèce”  tant il est vrai que, dans le cas de Salonique, turque jusqu’en fin de 1912 puis grecque, les publications juives ont souvent transcendé le clivage national.

Nous sommes prévenus dès la préface par Rifat N. Bali de l’état d’esprit qui a présidé à l’élaboration de cet ouvrage : aucun bilan ni réflexion sur notre culture judéo-espagnole ne sont possibles sans l’examen attentif de la Presse et de l’imprimerie dans les territoires et aux époques considérés. Les énumérations sont forcément incomplètes et les auteurs se souhaitent des successeurs.

Avner Lévy examine les parutions en ordre chronologique depuis La Buena Esperansa de Raphaël Uziel à Smyrne vers 1842-43, dont il ne reste aucun exemplaire connu. C’est après 1850 que d’autres journaux apparaissent dans plusieurs villes, dont Constantinople bien entendu.


L’auteur observe qu’une distribution assurée par abonnement de 150 exemplaires constitue le strict minimum pour assurer le précaire équilibre financier d’un journal. Mais tous n’y parviennent pas!

Les premières feuilles durables voient le jour dans la grande période 1910-1914 après l’abolition de la censure par les Jeunes Turcs. La grande période est 1922-1948, avec la quasi-disparition à cette date de la Presse juive, avant que les avancées de la démocratie en Turquie en permettent le redémarrage (À la période faste, le plus célèbre journal, El Tyempo vivait avec 100 abonnements!).

La classe sociale qui lit s’étend peu à peu, des femmes figurent maintenant dans le lectorat, les nouvelles feuilles abondent alors que la population juive de Turquie moderne n’a jamais excédé 200000 personnes. Les journaux sont écrits en ladino (rashi) jusqu’en 1930 environ. Un record de longévité est détenu par la famille Gabbay sur trois générations, dont El jurnal israelit à Istanbul a duré 70 ans!

Une liste très intéressante des journaux classés par langue et lieu de parution clôt utilement l’article.

Gad Nassi propose, lui, sur quarante pages, un intéressant tableau synoptique des journaux de toutes époques, par pays, en indique la périodicité, la date d’apparition et le responsable.Cet article restera nécessairement une base de travail pour les successeurs.


Yaron Ben Na’eh rapporte l’histoire de l’imprimerie qui se superpose souvent à celle de la Presse, mais la déborde évidemment. Les grandes familles fondatrices, les Nahmias2 les Soncino à Salonique, Constantinople, et leur expansion vers d’autres villes : Andrinople dès 1553, Safed dès 1577, Smyrne, Le Caire. La mobilité de ces lignées est surprenante, ainsi que la présence en leurs ateliers d’ouvriers formés en Pologne, échappés aux massacres de 1648/49. Shlomo ben David Franko, crypto-juif sorti d’Espagne, vint fonder en 1639 son imprimerie à Constantinople où la profession s’était éteinte quarante années avant. Plus tard, ce sont souvent des juifs associés qui montent des ateliers avec des Turcs, des Arméniens, des Grecs.

Assez curieusement, l’auteur traite de Salonique3 spécifiquement dans une rubrique particulière, parallèle à la précédente, puis revient sur Andrinople et Smyrne.4

C’est un article très riche, très dense.

Gad Nassi offre à son tour 15 pages d’un glossaire des imprimeurs, et de terminologie.

Rifat Bali conclut par une bibliographie consistante qu’il qualifie lui-même de “non exhaustive”, sur le journalisme, puis sur l’imprimerie, comportant quasiment 200 titres, y compris des thèses non-publiées dont il a pu prendre connaissance.

Jean Carasso

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