Editorial


Certains lecteurs nous demandent parfois pourquoi, comment, notre publication est devenue, pour sa plus grande part, un espace de recension de livres.

C’est une question intéressante qui trouve particulièrement place dans cette présente édition, d’où l’idée de l’exposer ici.

Il ne s’est pas agi, au départ, d’une ligne éditoriale préétablie, volontaire. Mais insensiblement, au fil des années, s’est créée une réalité devenue forte : le besoin d’un espace qui manquait, de réflexion, de rassemblement des données historiques constituant notre culture. C’est là que, peu à peu s’est affirmée La Lettre Sépharade, qui reçoit maintenant et tout naturellement du monde entier des ouvrages relatifs à notre culture hispanique, hispanophone, pré et post-exilaire. 

Par un mouvement naturel, la vocation, la spécialisation de notre publication s’est affirmée avec le temps : éclairer de toutes nos forces les livres qui, malgré leur intérêt souvent évident, risqueraient de passer inaperçus, car ignorés de la grande Presse et des médias lesquels, trop fréquemment, s’attardent plus sur le clinquant que sur le substantiel. Une recension dans La Lettre Sépharade, si elle n’induit pas un courant important d’achat du livre, marque un territoire : ce livre existe, il figurera dans un index et sera répertorié dans les bibliothèques.1

Dans bien des années, hors de la vente en librairie, on pourra toujours le consulter, l’étudier, le rapprocher d’autres sur le même sujet, car on sait de quoi il traite, et comment…

De même pour la rubrique “Musique”.

Justement, dans cette édition en particulier, sont recensés nombre de livres - sans vouloir offenser leurs auteurs - qui ne seront probablement jamais analysés ailleurs. Et ce nous est une grande satisfaction de les mentionner, de les éclairer, de les étudier même brièvement, de leur conférer ainsi une visibilité, une “surface”.

Il s’agit d’excellents ouvrages sur le judaïsme d’Espagne (et aussi le crypto-judaïsme), de Hambourg, de l’Empire ottoman, de la Turquie moderne, d’Oran, de Sarajevo lesquels, malgré leurs grandes qualités risqueraient de passer inaperçus dans le monde francophone, aussi bien qu’anglophone d’ailleurs, raison pour laquelle un certain nombre de ces commentaires seront repris dans notre édition américaine.

Une vision féminine autorisée du judaïsme, une pièce de théâtre, une étude sur la période de la dernière guerre à Paris dans laquelle Simone de Beauvoir est concernée, un bel ensemble d’un livre de partitions accompagné d’un disque sur notre musique complètent cette édition.

La rédaction

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