La Presse juive en Grèce - Rafaël FREZIS

1999  Communauté israélite de Volos.

Rafaël Frézis que nous connaissons pour avoir publié un ouvrage fort bien documenté sur la communauté juive de Volos entreprend avec ce second travail d'importance de nous présenter, œuvre ambitieuse s'il en est, la presse juive en Grèce en langues judéo-espagnole, française et grecque. Certes cet ouvrage volumineux et dense de plus de 500 pages renferme bien plus que le sujet promis par le titre. En fait la question de la presse juive de Grèce est abordée des pages 90 à 344 tandis que le reste de l'ouvrage traite de l'imprimerie juive, des éditions les plus fameuses, de la presse juive dans le monde, de la présence des Juifs et de l'histoire abrégée des communautés en Grèce.

Les autres thèmes ayant été abordés à plusieurs reprises par R. Frézis lui-même mais aussi par nombre d'auteurs, nous ne nous intéresserons ici qu'à la partie spécifiquement consacrée à la presse juive de Grèce.

Il faut constater comme d'autres l'ont déjà dit que Rafaël Frézis a les talents d'une “abeille ouvrière”, tant par l'obstination qu'il met à collecter ses informations multiples et étendues, qu'à la patience qu'il prend à nous les restituer avec minutie et abondance de détails.


     Le premier mérite de ce travail est de faire apparaître la richesse de la presse juive en Grèce jusqu'à la seconde guerre mondiale.  Évidemment Salonique est la ville dans laquelle cette presse, essentiellement en judéo-espagnol et en français, s'est développée avec le plus de vigueur. Nous apprenons ainsi que le premier journal juif de Salonique imprimé en écriture Rachi fut El Lunar (1865). L'initiative de cette publication revient au rabbin Juda Nehama (1826 - 1899) qui collabora à la création de l'école de l'Alliance. El Lunar était imprimé chez Saadi Alevy-Askenazi. Il s'agissait d'un mensuel de 38 pages. Voilà un bref échantillon de ce que l'on peut apprendre de la lecture de l'ouvrage de R. Frézis. En fait chaque page de son livre fourmille d'une multitude de détails non seulement sur les “feuilles” elles-mêmes mais sur leurs rédacteurs, sur les imprimeurs et sur leurs articles. Et cette érudition qui nous rappelle l'existence de journaux saloniciens tels que Selanik, La Epoka, El Avenir etc. s'étend à tout le reste de la Grèce : Corfou avec, entre autres, La famiglia Israelitica (1864) de Joseph Nahamoulis, Athènes avec La Revue Israélite (en grec) (1912) de Moïse Haïmis, Trikala, Larissa et Volos avec Israïl (1917) organe de l'Association Sioniste de ces villes et jusqu'à ces dernières années avec la revue du Conseil Israélite Central, Kronica.


     L'énumération des multiples publications juives de Grèce que le travail de R. Frézis sauve pour nombre d'entre elles de l'oubli, s'accompagne de commentaires, d'analyses et de références qui en font un nouvel élément indispensable à la connaissance du judaïsme grec. L'ouvrage est, comme le livre précédent de R. Frézis, abondamment illustré. Le seul reproche que l'on puisse faire à cette somme de connaissances c'est l'absence de structuration dans la présentation des données qui en rend la consultation un peu difficile. Heureusement un index des noms de la plupart des publications a été dressé à la fin de l'ouvrage qui facilite toute recherche.

Bernard Pierron

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