Grec, Juif et communiste Une étrange Odyssée - Moïse Michel Bourla

En Grec -1999  Editions Nissides GR 37003 Ile de Skopelos Tél. 0424-23277
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Nous ne manquons pas de témoignages sur la seconde guerre mondiale d’auteurs divers ayant couché par écrit leurs souvenirs sur les années noires de la guerre. Le présent récit est très différent de ce qui a été jusqu’ici écrit sur le sujet.

C’est le cas de Moïse Michel Bourla, cet homme de 82 ans vivant actuellement à la maison Modiano pour les personnes âgées à Salonique.

L’auteur rejoint le Mouvement des Travailleurs de Grèce dès l’âge de 17 ans. Il a d’abord été persécuté comme communiste avant la guerre, puis comme juif durant la guerre et l’occupation nazie.

Il s’est battu contre l’ennemi dans le mouvement de résistance ELAS et eut la chance de rester en vie. Il émigra en Israël après la guerre, communiste actif et plus tard s’installa en Union Soviétique où il resta jusqu’à l’âge de 70 ans. Seulement à ce moment il retourna à Salonique avec la volonté de terminer ses jours à la maison Modiano pour les personnes âgées.


C’est réellement une odyssée que le parcours de ce minoritaire (grec, juif et combattant de gauche) : ce fut un choix de vie. Il souligne dans son livre que “si on m’interroge sur ma vie je dis que j’ai souffert de ma religion et de mon idéologie et que si j’avais à recommencer je recommencerais”

Bourla, dans son livre, accuse ouvertement le grand rabbin Koretz d’avoir été “un traître responsable de la déportation de toute une communauté juive.”

Mais lui, Bourla refusa d’obéir aux ordres, et avec douze autres jeunes rejoignit la Résistance.

Avec l’organisation ELAS il eut à se battre dans maints combats, sous le nom guerre de Byron.

Après la guerre il fut arrêté comme communiste et exilé dans les îles jusqu’en 1951, lorsqu’un accord entre la Grèce et Israël permit la libération de tous les communistes acceptant d’émigrer en Israël.

Bourla y resta jusqu’en 1967 comme membre actif du parti communiste israélien puis partit avec sa femme vivre dans l’Oural. Lorsqu’il revint dans sa ville natale de Salonique il avait perdu ses illusions communistes qu’il critique maintenant dans son livre.

Bourla écrit avec brièveté de courte phrases bien senties.

Son livre se lit avec d’autant plus d’intérêt qu’une bonne partie des événements qu’il rapporte sont encore peu connus.1

Marcel M. Yoël 
Article parvenu en anglais et traduit par la Rédaction. 

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