“Nous sommes 900 Français” Tomes II et III

2000 chez Eve Line Blum 
26 chemin du Grand Buisson - 25000 Besançon. - Tél 03 81 80 83 07 - Fax 03 81 53 36 94. - blume@essec.fr
728 pages en tout. - 174,50 F port compris.
Nous avions fait observer aux responsables, lors de la parution du premier volume que, si l’expression “Nous sommes 900 Français” reproduisait un graffiti relevé sur un mur de prison, une plus juste définition aurait été : “Nous sommes 900 juifs de toutes nationalités venus de France”, ce qui est cette fois signalé en page de garde.

Qui aurait dit, lorsque fut publié le premier volume de cette pieuse œuvre collective, que les auteurs trouveraient assez de matière pour éditer, moins de deux ans après, deux nouveaux volumes considérables ?

Il s’agit, rappelons-le, du sort de ce convoi 73 composé de 878 hommes, ayant quitté Drancy le 15 mai 1944 à destination, croyait-on d’Auschwitz, mais qui se sont retrouvés partiellement à Kauna, partiellement à Reval.

Quelques survivants s’étaient mis en tête de se rassembler d’abord, de se dénombrer, et d’honorer les disparus par des monographies réunissant autant de documents, photos etc. que possible.

Ce fut l’objet du premier livre, dont il fut rendu compte dans la LS 31 de septembre 99.


     Si rapidement après, le collectif entraîné par le dynamisme et la motivation de Louise Cohen et d’Eve Line Blum fait paraître deux nouveaux volumes : étude d’archives, troisième voyage sur place du 29 mai au Ier juin 2000 avec de nouveaux participants.
Certains n’ont encore pu se résoudre à entreprendre ce difficile voyage, d’autres en ont éprouvé le besoin insistant.

Quelques remarques en passant, qui font mal, mais qu’il ne faut pas taire. Le rapport du docteur J. de Morsier, de la Croix-Rouge internationale à Genève, établi après une visite au camp de Drancy le 10 mai 1944, notant que “l’hygiène du camp est excellente […] qu’on n’y décèle pas de maladies graves […] qu’il va sans dire que le camp possède des salons de coiffure, un théâtre […] et que les internés s’adonnent à la musique.”



     Vous imaginez la description d’un camp de vacances ? Non, c’est Drancy et les quelques rescapés apprécieront…

Les deux tiers de ces deux volumes, comme la première fois, sont consacrés à des monographies, aussi substantielles - avec ou sans photos de familles, copies de diplômes, correspondances - que les responsables ont pu réunir à force de persévérance.

Un modèle de piété.

Jean Carasso

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