Musique : Erensya sefaradi suenyos de Espanya - Sara et David Yanarocak

Il s’agit d’une cassette audio, et non d’un CD - Fax 90 212 245 62 88.
Curieuse idée d’avoir imprimé ce micro-livret, déjà difficile à lire par la petitesse des caractères, en noir sur fond bleu parfois foncé !

Voici un groupe turc dont nous ne savons rien, lancé dans la création contemporaine sur des textes de Yusuf Altintash, journaliste, poète, chanteur lui-même à ses heures. Le préjugé est favorable car Istanbul est l’un des lieux où l’on imagine que notre culture peut se poursuivre mieux qu’ailleurs : il subsiste là un milieu judéo-hispanophone. Et cela s’entend dans ce disque : la langue s’écoule sans effort.

La première séquence est le fameux succès si nostalgique de Flory Yagoda Suenyos de Espanya (Onde esta la yave / kestava en kachon…)

Toutes les autres chansons, sur des textes de Yusuf Altintash, sont mises en musique par David Yanarocak.

Arrêtons-nous d’emblée sur cette mise en musique, cela nous évitera d’y revenir pour chaque chanson. La composition en est souvent binaire, répétitive, uniforme, basée sur une percussion un peu obsédante, un peu “tango argentin” comme si toutes les séquences devaient être dansées par des néophytes auxquels il serait nécessaire de fortement marquer le rythme pour ne pas qu’ils s’égarent…


    Certains textes sont chantés par Sara ou David en solo, d’autres par les deux se répondant, fort utilement, dans l’esprit même du texte.

Dans El dezeo, le désir féminin est bien formulé. Plus loin, la chanteuse est émouvante par exemple dans En geto de Warsovi solo, servant bien un texte de qualité, mais l’accordéon lointain en écho aurait suffi en accompagnement !

Dans Davichon el borachon, Altintash se laisse aller, s’amuse bien, démarquant la fameuse La vida do por el raki que nous connaissons tous.

Dans Konsejo, chanté par Sara et David en écho, (conseils très pertinents offerts par Altintash pour réussir sa vie sentimentale. Et pourtant, il est jeune, Yussuf, d’où sait-il déjà tout cela) et Kuando1 esto en tus brazos, les interprètent semblent manquer de conviction amoureuse. Mais en auraient-ils, comment pourraient-ils l’exprimer, assiégés, encerclés par la musique obsédante ?

El Epope de los Ebreos, toute l’aventure millénaire d’Israël en si peu de lignes, c’est un exploit, bien interprété d’ailleurs.


    L’ultime plage “Ça suffit”, amusante, est fort bien placée ici !

Souhaitons que Sara et David nous offrent bientôt un second enregistrement !

Jean Carasso 
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