Modiano (Modillano) The genealogical story of the Modiano Family, from ca 1570 to our days - Mario Modiano

En anglais - 2000  La généalogie de la famille Modiano d’environ 1570  à nos jours.  Chez l’auteur à Athènes.  Nous consulter. 
213 pages.
Index des noms cités de collatéraux.

Combien d’années a bien pu travailler Mario pour arriver à publier une telle somme ? Il l’avoue lui-même, dix ans! Mais le résultat est à la mesure de l’effort.

Il s’interroge d’abord sur la localisation primitive du nom, et Salonique revient comme une litanie dès le XVIIe siècle, dans toutes les sources de renseignements qu’il a pu consulter. Depuis le début du XIXe siècle, bien entendu, les vagues d’émigration successives portent des Modiano partout ! Nous apprenons au passage comment cette famille étendue bénéficia de la protection consulaire toscane puis italienne, et que nombre de Modiano vécurent à Livourne

A sa naissance, il semble que le nom se soit orthographié Modillano. Mais toutes les variantes Modiyano, Moliyano etc. recouvrent une origine commune, s’agissant de versions différemment écrites d’un même phonème.

Si nous considérons le recensement des juifs de Livourne en 1841, nous trouvons trois familles Modiano, toutes en provenance de Salonique, et de nombreux Modigliano, Modigliani, natifs de Livourne ou de Rome. Celui, par contre de 1743 n’en comportait pas. Nombre acquirent donc la citoyenneté toscane entre ces deux dates.

Mario note que le nom de Modigliana est celui d’un bourg situé à 100km au Nord-Ouest de Florence, où un juif prénommé Moïse, venant de Fano (à 40km au Nord-Ouest d’Ancone) arriva en 1566, puis quitta, qualifié ensuite du nom de ladite commune.

Les grandes sources d’informations sont celles du cimetière de Salonique, détruit en 1943, et les registres du consulat de Toscane dans cette ville qui permettent à Mario de remonter dans sa propre ascendance à Samuel Isaac, Grand Rabbin de la ville en 1697. De nombreux rabbins se retrouvent dans la lignée.


    Ce qui est passionnant dans ce livre est qu’il offre l’opportunité à Mario de raconter maintes anecdotes, de situer le contexte historique.

Plus près de nous défilent tous les “grands” Modiano : Saül, le banquier, Elie l’architecte responsable du bâtiment des douanes à Salonique et de ce que l’on continue d’appeler “le marché Modiano”, Moisé, chirurgien chef de l’hôpital italien à Salonique au début du siècle etc. Il n’est pas question ici de les décrire tous… mais Mario, lui, s’y efforce.

Quel Salonicien de Paris, malade entre les deux guerres n’a pas été soigné ou opéré par le Dr Vidal Modiano, co-fondateur de l’Union des Israélites Saloniciens de France (U.I.S.F.) devenue ultérieurement Union des Israélites Sépharades de France ?

Cette étude semble bien entendu particulière aux Modiano. Mais elle brasse de si nombreux noms qu’elle en devient un bon échantillon statistique d’une population salonicienne au travers des siècles.

Les remarques et réflexions qui nous viennent à l’esprit sont celles-ci :
- l’absence de conversions vers le catholicisme mais au contraire le bon nombre vers l’islam en 1666 surtout avec l’épisode Sabbetaï Zvi, puis ultérieurement encore, mais rarement.
- une confirmation de la loi d’endogamie : les juifs de Salonique, conformes en cela à toutes les populations de n’importe où dans le monde jusqu’au début, voire à la moitié du XXe siècle, se mariaient entre eux. L’“Autre” commence tout près !

A l’intérieur de ces prémisses, on peut observer :
- une forte propension à rester dans leur milieu social. On ne sera alors pas surpris dans ce cadre là, de rencontrer passablement
- de co-sanguinité, d’autant que le mariage entre oncle et nièce n’était pas interdit.1


    La loi d’endogamie et ses conséquences sont beaucoup moins observées lors des réémigrations vers l’Europe occidentale, les Amériques ou d’autres continents.

Ce que nous suggérons maintenant est qu’un plus jeune (non pas que Mario ne soit pas toujours jeune… mais il a le droit de se sentir saturé !), prenant le relai, procède à une analyse statistique de ce travail, sous un angle impersonnel cette fois, pour en tirer des conclusions générales. C’est ainsi que s’écrit l’Histoire, suite de réflexions générales bâties sur un rassemblement et une mise en ordre, en perspective, de faits minimes.

Jean Carasso






 El ke byen pensa,
byen alkansa

Celui qui pense bien réussit

 

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