Llorarás por Sefarad - Salvador Santa Puche

En espagnol.
2000, Palmart Editorial, Carcaixent, 14  28a  - 46007 Ciudad de Valencia
107 pages.

Encore un merveilleux livre que nous offre Salvador, jeune professeur, chercheur et auteur espagnol dont nous avons déjà parlé dans quelques-uns uns de nos précédents numéros.1 Cette fois-ci, Salvador ne nous propose ni une étude, ni une anthologie, mais un roman plein de verve.

Les seize chapitres de Llorarás por Sefarad entraînent le lecteur de Tolède à Salonique, de Paris à Jérusalem à travers plusieurs époques. Les décors et les scènes se succèdent, reconstituant au fil des pages et au gré des allers et retours dans le temps, la trame de plusieurs histoires, sans jamais provoquer de confusion dans l’esprit du lecteur.

Gerardo, figure principale du roman, est un jeune professeur espagnol alcoolique et paranoïaque qui mène des recherches sur la déportation de la communauté juive de Salonique. Un ami, le docteur Mendoza, le met en contact avec le docteur Behar, vieux médecin judéo-espagnol qui habite Jérusalem. L’ouvrage commence par deux lettres d’une correspondance échangée entre le docteur Behar et Gerardo, le premier s’exprimant en judéo-espagnol, langue de son enfance et le second en castillan. 


Le jeune chercheur informe Jacob Behar de son arrivée imminente en Israël afin d’y être présenté à la sinyora Arditi qui, de par son témoignage, lui permettra de conclure ses recherches. Ce séjour à Jérusalem sera une seconde naissance pour Gerardo qui est un être troublé. La Terre Sainte permettra au jeune espagnol de rencontrer l’amour, de régler ses problèmes avec l’alcool et la paranoïa, d’entrer en contact avec ces descendants des juifs expulsés d’Espagne que sont les judéo-espagnols et enfin, d’éclaircir en partie le mystère entourant la disparition d’un jeune noble espagnol amoureux d’une juive à la veille de l’expulsion de 1492.

Salvador Santa Puche a su donner à son roman un souffle qui maintient l’attention du lecteur d’un bout à l’autre de l’ouvrage. De nombreux aspects de l’histoire et de la culture sépharades sont évoqués : les pogroms de 1391, le décret d’expulsion de 1492 et le départ des juifs d’Espagne pour l’Afrique du Nord et l’Empire ottoman, la langue judéo-espagnole, la persévérance de judéo-espagnols à travers le monde à maintenir leurs traditions et leur langue, l’intérêt des Espagnols pour cette culture, etc.


    Saluons ici le dynamisme de Salvador Santa Puche qui ne cesse de travailler à la promotion de la culture et de la langue judéo-espagnoles et remercions-le de nous avoir offert ce beau roman qui saura plaire, tant au “séfardiste” avisé, qu’au lecteur néophyte.2

 Gaëlle Collin

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